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mercredi, 02 décembre 2009

Les jeunes, sexy trop tôt

42-19572792.jpgHyperérotique/société moyenne, publicité et télé forcent toujours plus la limite pour pousser à consommer des usagers toujours plus jeunes. Mais l'hypersexualisation précoce montre maintenant ses effets alarmants. «Génération pornographique», le titre est de l'hebdomadaire Américain Newsweek, la societé américaine, où le débat sur le bombardement sexuel auquel sont subordonnés les enfants s'est enrichi d'un nouvel instrument, le sage «The Porning of America» de Carmen Sarracino et Kevin Scott.

L'idée vient d'une expérience personnelle: le jour de son cinquième anniversaire, la fille de Scott veut absolument une poupée Bratz, la poupée aux yeux de faon avec une poitrine impétueuse, de longs cils, talons hauts et minijupe à donner des vertiges qui, à partir de 2006, a surclassé les ventes de Barbie.


42-20703882.jpgMais selon Kevin et sa femme, la poupée est un peu trop sexy pour une enfant de cet âge, ainsi ils réussissent à la faire changer d'idée. Quelque mois plus tard, la demande se renouvelle, mais elle est encore déviée, cette fois sur un poney, jusqu'à ce que, confie Scott, "sort sur le marché le poney des Bratz. Alors j'ai réalisé que moi et la culture porno étions en guerre pour l'âme de ma fille". Scott, professeur dans un collège de province de la Géorgie, est convaincu que sexe et pornographie aient envahi nos vies, "en influençant la culture et en déterminant la perception que nous avons de nous mêmes et de nos comportements".

Tout - la mode, l'image corporelle, l'idée de sexualité mais même celle de féminine et de masculin - est influencé de cette érotisation précoce et pressante. Le résultat? Le sexe comme marchandise, la séduction à exhiber comme une affiche et la victoire des stéréotypes qui opposent les dirty boys aux bad girls. Une vision qui influence lourdement les nouvelles générations. Les medias vendent à nos filles l'image de filles sexy, divas, mangeuses d'hommes. Ils emploient des expressions comme girl power, pouvoir des filles, pour les encourager à acheter quelque chose.

Les études montrent que les enfants plus exposés à d'incessantes stimulations sexuelles grandissent avec une rigide vision de genre: garçons dominateurs et filles soumises. Et pas seulement dans le lit. Packaging girlhood met sous la loupe les messages envoyés aux enfants, encouragés à préférer maquillage et accessoires à l'école, le sex appeal au sport, le petit ami aux amis. Pour les garçons, les messages soulignent insensibilité et machisme, et enseignent à juger les autres en les comparant à des modèles très artificiels combien impossibles. Les "très jeunes" apprennent même que le sexe est violent. Qu'apparence physique et achat du bon produit sont synonymes de succès.

42-18725876.jpgL'évènement d'une érotisation précoce n'est pas faite seulement d'Amérique. Bratz et Winx dépeuplent même chez nous dans le vieux continent, alors que des pages de revues pour très jeunes, clignent de l'œil de provocantes sexy-enfants. Magazines et revues destinés aux teenagers, entrent même dans les maisons d'enfants de neuf ans. Et avec eux entrent les images d'hommes musclés, rigoureusement à torse nu, avec l'invitation: «Découpe, détache et colle le sexy boy que tu préfères». Entrent les conseils pour s'habiller en parfaite gothic Lolita ou comment allonger les cils; les tests pour découvrir si tu es un fashion girl ou combien ton "lui" est minou ou macho. Les revues sont riches de messages qui soulignent l'importance de se présenter sexuellement attrayants pour titiller l'intérêt des garçons.

Même le magazine High School Musical, de l'insoupçonnable Disney, invite à découvrir les secrets du look de la vedette de l'homonyme film. Pendant que la douce Miley Cyrus, star simple de la série phénomène Hannah Montana, apparaît à moitié nue sur Vanity Fair. Beaucoup de physique, peu de cervelle. Le sexe est partout: dans le spectacle de fin d'année des enfants en école primaire qui se déhanchent sur la musique de chanteurs super sexy, et sur les t-shirt de Next avec l'écriture: «So many boys, so little time» (tant de garçons et si peu de temps). La mode des slogans provoquants sur les articles d'habillement a induit quelques écoles américaines à courir aux abris, en les prohibant. Mais le marketing n'en démord pas: en sont la preuve le soutien-gorge à coque taille sept ans ou le string, toujours en taille sept ans, de la marque Abercrombie & Fitch, retirés des grands magasins londoniens. Même sort pour un set de jeu de lap dancer avec poteau à assembler, jarretières, faux billets et un dvd avec les pas de danse.

42-15504538.jpgQuels sont les effets de ce bombardement d'images ipersexuelles? Alarmants, selon un document de l'American Psychological Association titré Task force on the sexualization of the girls. La sexualisation précoce a des effets en champ cognitif, physique et psychique, et sur le développement sexuel. Plus on est concentré sur le corps et sur le look plus on néglige le raisonnement, les activités expressives et les calculs mathématiques. Il existe ensuite une corrélation entre l'érotisation précoce et les troubles du comportement alimentaire, auto estime mineure et dépression. Et alors, que faire? Censurer ferait l'effet contraire, il ne ferait que stimuler le charme de l'interdit. Mieux vaut prendre acte et commenter. Ceci est le mot magique. Et il y en a d'autres: faire remarquer, interpréter, stimuler des réflexions qui s'accrochent à la réalité. À l'enfant de huit ans qui met le t-shirt avec écrit «Kiss me» on pourrait demander: «Comment te sentirais-tu si tous ceux qui lisent ce message te prenaient au mot?».

42-23087403.jpgOn ne peut pas éteindre le monde: la juste voie consiste dans la familiarisation avec les propositions des media et du marketing. Il ne reste aux parents que de regarder ce que regardent leurs enfants, écouter leur musique, lire leurs livres et magazines. Et ensuite leur montrer le point de vue de parent, sans faire suinter anxiété ni jugement négatif. Les accompagner: ils ont un monde à explorer et sont sans boussole. Dans les cas les plus éclatants on peut faire de la pression sur les medias. Ainsi, aux Etats Unis un groupe de parents demande à grande voix que "Dora", protagoniste d'une excellente série d'aventures animée, ne se transforme pas en une teenager tout cils et brillant à lèvres. C'est ainsi que naît la "Save Dora Campaign", pour sauver la petite, intrépide exploratrice d'une futur de pop star ou pon-pon girl. Multiples les associations qui tiennent de l'œil jeux et medias, comme le Teachers Resisting Unhealthy Children's Entertainment.

Parce que le problème c'est la différence entre ce que les enfants peuvent comprendre avec des mots et ce qu'ils sont en mesure de gérer au niveau émotif. En voyant du sexe, avant d'avoir compris ce que c'est. Les plus renommés spécialistes de psychologie enfantine recommandent aux parents de commencer à parler de sexe beaucoup plus tôt que leurs enfants ne commencent leur vie sexuelle. Lorsqu'ils comprennent, depuis tout petit, qu'avec leurs parents ils peuvent parler de n'importe quoi, il est plus probable qu'ils continuent à le faire même dans l'adolescence.

Ecrit par Luis Batista

Crédits photographie:

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© Axel Koester

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© Carl Robbin

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13:15 Écrit par LuisB dans Actualités, Opinion | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : hypersexualité, actualités, jeunes, sexualité, culture, érotisme, psychologie, médias, luis batista | |  Facebook | | | | Pin it! |

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