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mercredi, 30 décembre 2009

Les Îles Bijagos l'esprit du monde

Les Îles Bijagos l'esprit du monde.JPGDébarquer aux îles Bijagos, 88 îles, dont seulement 23 sont habitées (seulement 1.5 millions d'habitants), face à la côte de Guinée-Bissau, c'est comme entrer dans une autre dimension qu'elle soit culturelle ou géographique. Chronique d'une aventure étrange et un peu mélancolique. Sans même voir un seul touriste occidental.

Cela faisait des décennies que je n'allais pas en visite en Guinée-Bissau donc ce dernier voyage m'a fait constater qu'il existe encore un monde hors de ce monde même. En partant de Milan via Lisbonne et à peine arrivé après un vol de 5 heures dans la capitale Bissau qui a vu dernièrement l'ex colonie portugaise.


jemberem-boys-eat-coco-nut-4.jpgJe décide de partir au plus vite pour les îles Bijagos où j'arrivai après une traversée de deux heures à bord d'un horsbord et immédiatement je me rends compte d'être replongé dans un autre monde. Et dans un autre siècle. Les enfants d'un village de l'île de Sofa sont sortis de leurs cabanes de boue avec le toit en paille pour toucher incrédules ma peau blanche. Dans la petite et inhabitée île d'Anguruma, les crabes violonistes couraient effrayés sur le sable. Je suis à peine débarqué dans un monde de couleurs pures: blanc, bleu, vert. À Bubaque, l'île principale, à l'ancien édifice avec des arcades de l'administration portugaise, s'était écroulé une partie de toit, mais les fonctionnaires d'état avaient simplement monté une tente sur le balcon du deuxième étage, pour y remédier et continuer à travailler.

Grâce à une flore et à une faune luxuriantes, abondantes et intactes, ces iles ont été proclamées par les Nations Unies de «réserve de la biosphère». Ici, à part une rare espèce d'hippopotame marin, vivent 155 espèces piscicoles, des dauphins, lamantins, crocodiles, singes et antilopes striés. En étant au Comité du patrimoine du monde, on y trouve même 5 des 8 espèces de tortues existantes. Les îles sont même l'un des principaux lieux de reproduction pour les oiseaux migrateurs de tout le continent, dont on compte 96 espèces. Les fréquents bancs de sable qui constellent les canaux très étroits entre les îles, protègent l'archipel du trafic d'énormes bateaux de pêche qui sillonnent les eaux africaines. Certes,  Bijagos n'est pas un lieu où passer des vacances conventionnelles. Mais la sensation d'éloignement absolu que l'on éprouve une fois arrivés ici, après un voyage inconfortable, n'est certes pas comparable à une offre de n'importe quelle vacance exotique.

buba-guinea-bissau-pirogue-sunset-4.jpgAu plaisir de rester allongé sur le sable blanc sans voir une âme pendant des heures, on ajoute celui, même plus intense, de se retrouver dans un lieu dont les habitants sont des étrangers pour nous autant que nous le sommes pour eux. De l'insolite rapport qui souvent lie les touristes et les gens de la place - un mixte de méfiance, un sentiment de culpabilité et une hostilité - ici il n'y en a pas trace. Et ceci est en partie dû au fait que les installations disponibles sont on ne peut plus modestes (tout en étant confortables) et la différence significative qui d'habitude sépare les occidentaux des habitants de l'Afrique occidentale, n'est pas ultérieurement amplifiée de l'ostentation de privilèges.

À Bubaque même les petites difficultés et les malaises - comme le trajet d'une demie heure nécessaire pour rejoindre à bord d'un des rares véhicules de l'île la magnifique plage du village de Bruce, parmi des routes défoncées, chèvres et vendeurs ambulants, ou le boueux remue-ménage de l'île même - servent à nous rappeler que, bien que visitables, les îles Bijagos ne se sont pas pliées aux exigences du tourisme. Et on ne prévoit pas non plus que ceci puisse arriver en temps brefs: simplement parce que les îles sont difficiles à rejoindre. Il existe deux options de transport, toutes les deux plutôt inconfortables: la publique et la privée. Alors que la première peut être risquée, la deuxième est simplement chère. Mais émouvante.

IMG_2400.JPGLes transports publics sont représentés par le ferry qui chaque vendredi appareille de Bissau pour Bubaque. Lent (il emploie sept heures si tout va bien) et bondé, il offre une authentique expérience de voyage en style africain, et est recommandable aux voyageurs plus aventureux, à partir d'un budget limité (coûte 10 euro) et à qui voyager en compagnie des chèvres ne crée pas de problèmes. Les pirogues qui partent chaque mardi et mercredi coûtent moins (7.5 euro), mais il semble qu'ils coulent avec facilité: la mer est souvent mouvementée. Si vous vous pouvez vous le permettre, louez un horsbord (environ 270 euro seulement aller) et en deux heures vous arriverez au paradis sauvage. C'est ce que j'ai fait et j'ai été vite été absorbé par le sens d'aventure qui naît lorsque nous nous poussons là où nous savons que nous trouverons peu d'occidentaux. Le point de départ est Bissau. Si vous avez des goûts décadents, aimez les ruines, les édifices coloniaux délabrés, et voulez toucher avec vos propres mains les problèmes sociaux et politiques de l'Afrique occidentale - en plus d'essayer d'excellents restaurants portugais - cela vaudra la peine de passer une ou deux nuits dans cette ville.

fish_market.jpgRien ne semble avoir été repeint depuis les derniers 35 ans, c'est-à-dire du départ des colonies portugaises. La guerre civile à la fin des années 90 a fait le reste. Passer un après-midi parmi ces ruines, assis à la table d'un café en plein air avec un verre de vinho verde (pour celui qui n'est pas abstème comme le soussigné), est une expérience étrange: tous les problèmes et les beautés du continent sont là, devant les yeux. Les gens ne pourraient pas être plus accueillants, dans leur mode un peu triste. Pour reprendre l'état de la ville et de la société, un avocat que j'ai rencontré dans le centre a employé le terme «déliquescence». L'impression est que le pays soit lentement, doucement, en train d'évaporer. À l'aube les scintillantes eaux qui séparent le Bijagos de la terre ferme sont un détachement net des ruines de la capitale. Si vous les traversez et restez à la Kasa Afrikana à Bubaque, comme je l'ai fait, celle-ci vous réservera un accueil familial, et au déjeuner vous sera servie une grillade de poisson ultra frais. Les quatre chambres blanchies s'ouvrent autour d'une petite piscine dans un jardin de palmiers, bouganville et autres plantes tropicales: une oasis modeste mais bien gérée, dans une place où tout le reste semble aller en ruine.

IMG_2349.JPGSi vous aimez la vie nocturne et les restaurants elégants, cette auberge n'est pas faite pour vous. Ici vous trouverez par contre les rythmes qui scandent la vie du village: des femmes qui portent des mangues sur la tête, des enfants qui jouent à football sur les routes abimées, le linge lavé en plein air et les maisons de boue. Outre les magnifiques plages, que vous aurez en exclusivité. Les soirs sont silencieux et sans électricité, avec le ciel éclairé de milliers d'étoiles. À l'entrée du village vous trouverez un énorme arbre dans lequel on dit réside l'Iran - l'esprit tutélaire. La vue de femmes et d'enfants qui se rassemblent autour d'une dame âgée est un indice de la structure matriarcale de la societé du Bijagos, les hommes, en restant aux anthropologistes, reconnaissent dans les femmes une force vitale supérieure (arebuko). Plongé dans le bleu de ces eaux interrompu seulement de l'émergence des îles de l'archipel il me vient à penser qu'il n'y a pas beaucoup d'endroits non loin de l'Europe aussi sauvages et beaux.

Info

Départ - Vols pour Bissau, la capitale, par la Tap Air Portugal de Lisbonne ou Tacv Transportes Aéreos de Cabo Verde à partir de Dakar, au Sénégal e Praia au Cap-Vert. - Vaccinations: obligatoire pour la fièvre jaune, conseillée la profilais antimalarique. S'adresser de toute façon au médecin de confiance pour d'autres thérapies préventives, si nécessaire. Le climat est tropical. La saison sèche va de novembre à fin mai. Dormir - à Bubaque, une chambre double (des 4 existantes) à la Kasa Afrikana, avec tous les repas inclus, coûte 110 euros environ. Pour une disposition plus modeste et plus de près du village de Bubaque (plus haut par rapport au port), essayez Chez Dora, les prix oscillent entre 15 et 39 euro. - À Bissau, le Residencial Coimbra est en position centrale (Avenida. à Cabral). Les chambres varient entre 88 et 120 euro la nuit. Le charme mélancolique du lieu reflète l'esprit du paysage, malgré les vives et obsédantes notes de la musique goumbé, typique de Bissau (l'album des Super Mama Djombo, un groupe local, mérite d'être téléchargé sur l'iPod).

Ecrit par Luis Batista

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09:05 Écrit par LuisB dans Loisirs, Opinion, Voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : îles bissagos, guinée-bissau, afrique, voyage, bubaque, super mama djombo, paradis, opinion | |  Facebook | | | | Pin it! |

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