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mercredi, 10 février 2010

Protectionnisme ou bien peur d'élever les barrières

protectionism_eu_q_1.jpgComme un Phénix de l'histoire économique, le «protectionnisme», l'animal qu'une génération croyait disparu pour toujours, renaît ponctuel pour retourner à voler sur les tentations de la génération suivante. En vain exorcisé de sigles, traités et acronymes solennels inventés par l'humanité après les catastrophes provoquées de son vol, Unctad, Ceca, Mec, CEE, EU, Nafta, Gatt, Mercosur, Wto, Asean, le «protectionnisme», qui est souvent seulement synonyme de «nationalisme», retourne autoritaire à tenter ceux, qui sont déçus par le propre antagonisme, le «libéralisme» maintenant explosé dans la globalisation et à promettre garanties et sécurité à des gouvernements impopulaires et des peuples terrorisés.


42.95656.-1.jpgCela arrive même à l'administration de Barack Obama qui, forcé, après tant de promesses électorales aux États du Nord désindustrialisés, de limiter l'hémorragie avec une possible loi «Buy American», écrite dans les gigantesques casseroles de l'argent publique versé sur une économie américaine haletante, pour protéger ce qui reste de l'industrie sidérurgique nationale.

N'en reste exempt même pas l'Union Européenne qui redécouvre ce harnais de subventions étatiques à des agriculteurs ou industries comme l'auto qu'en réalité elle n'avait jamais vraiment abandonné, en prêchant aux autres des commandements qu'elle-même n'applique pas.

Comme des vrais animaux mythiques, ni le «protectionnisme», ni son contraire, la «globalisation», évolution extrême du «libéralisme» (ou «néo libéralisme» comme le veut la manie courante de coller des « néo » sur les joues de pratiques et doctrines anciennes), n'ont jamais réellement existé dans la forme pure rêvée par ses apôtres comme Jean Baptiste Colbert dans la France du' 600 ou Adam Smith, dans l'Ecosse d'un siècle après.

Les deux pôles opposés du commerce, et donc de l'économie, se contentent de se créer des espaces occasionnels à leur propre faveur, en respirant avec la respiration des conjonctures économiques favorables ou défavorables. La balançoire des faveurs publiques parmi protectionnistes et libéraux a toujours été seulement l'indice de satisfaction des conditions générales d'une économie.

Port_of_Singapore_Keppel_Terminal.jpgLorsqu'une économie prospère, les envies de libéraliser et ouvrir les marchés de biens et de capitaux pour augmenter sa richesse privée ou nationale augmentent, avec le mirage de fabuleux marchés pour ses exportations, comme le célèbre rêve du «milliard de brosses à dents» à vendre aux chinois. Lorsque une économie languit, ou l'on découvre que les chinois savent fabriquer très bien tous seuls les brosses à dents et en plus te les vendent, le Phénix du protectionnisme renaît.

La faveur dont jouit en cet instant le rêve de protectionnisme est la démonstration du classique axiome qui veut tout le monde en faveur des portes ouvertes lorsque eux sont enfermés dehors, mais ensuite suggère de les refermer, ou au moins de les accoster, lorsque par la même porte déferle celui qui était de l'autre côté. Puisque les économies riches aujourd'hui sont toutes «en unité coronarienne», comme a dit Klaus Schwab, président du Forum Economique Mondial et père de l'Organisation Mondiale du Commerce, le Wto, aujourd'hui très abîmé, la préoccupation immédiate est celle «de sauver le patient» en renvoyant à l'après-infarctus la discussion sur les causes et les remèdes. Naturellement, l'image de Schwab ne répond pas à la question principale : qui, des trop de patients qui se pressent à l'unité coronarienne doit être sauvé et qui par contre est condamné à succomber?

Déjà les interventions et les soins intensifs en cours, comme le «Buy American» du plan Obama ou des perfusions d'argent dans les veines des agriculteurs (presque toujours français) aggravent les conditions d'autres plus faibles.

Dans une récente interview, le ministre du commerce égyptien, Rashid Rashid, a raconté que les éleveurs dans son pays abattent en masse leur bétail, qui ne pourra plus rivaliser avec les prix artificiels du bétail européen.

L'histoire économique enseigne que le commerce «équitable et solidaire», rêvé par les utopistes, est un oxymoron, une contradiction en termes. Par définition, le commerce est un jeu auquel tous ont toujours triché ou joué seulement à condition de gagner. Les Japonais ont triché longtemps et effrontément, tout comme le font maintenant les Chinois, qui défendirent la compétitivité de la propre industrie de l'augmentation des coûts du travail, en manipulant artificiellement le cours de leur monnaie. Si la valeur d'une monnaie est basse, le coût international des produits vendus dans cette monnaie sera bas, comme le savait bien l'industrie italienne pendant des décennies cachée derrière une des plus classiques opérations de protectionnisme non douanier, la dévaluation périodique de la lire italienne, payée par les consommateurs avec l'inflation.

U1827400-13.jpgLa grande crise du Japon, commencée dans la deuxième partie des années 80, coïncidait en effet avec la reddition du gouvernement de Tokyo aux pressions américaines pour laisser libre le yen de monter aux cieux. Et elle a trompé effrontément même la grande protectrice officielle du libéralisme (après des décennies de protectionnisme acharné et officiel dans les années 800) en érigeant des centaines de «barrières non tarifaires», non douanières, mais pratiques (souvent en les justifiant avec des prétextes hygiéniques). Et en risquant de finir dans le ridicule, comme c'est arrivé à la fin de la présidence Bush, lorsque la Maison Blanche imposa des droits punitifs contre le Roquefort français ou l'eau minérale pétillante italienne, pour punir l'UE, coupable de refuser la viande bovine aux hormones provenant des étables américaines.

Ni les prêtres du nationalisme commercial, alias protectionnisme, qui maintenant sortent pour invoquer des guerres aux pantoufles chinoises ou aux automobiles coréennes, ni ceux du libéralisme, comme le Nobel Paul Krugman, qui peinent à expliquer le collapsus et le discrédit général de leur credo, ne veulent admettre qu'aucune économie ne peut croître sans éléments de l'une ou de l'autre pratique, dans leur continuelle dialectique. Il n'existe plus depuis la révolution industrielle de nation en mesure de s'auto-nourrir et de s'auto-réapprovisionner de matières premières essentielles (il suffit de penser au pétrole) ou de nourriture pour populations qui ont désormais grandi au-delà de toute capacité de s'auto-entretenir. Le magnifique rêve de «souveraineté alimentaire» qui aujourd'hui retourne à séduire, est, dans des nations comme l'Italie incurablement à court de superficies arables ou cultivables, justement, un rêve.

42-24062917.jpgDe la défense des nouvelles industries, comme le voulait le saint protecteur du mercantilisme américain, Hamilton, à l'acharnement thérapeutique pour industries vieillies, comme le voudrait maintenant Obama avec les hauts fourneaux des Usa ou les gouvernements européens avec les subsides aux autos ou au gorgonzola, le retour de la chimère protectionniste est fort, poussé par le vent de l'angoisse collective. Fort et illusoire, comme le fut le mythe de la globalisation qui aurait produit une nouvelle marée capable, comme l'aurait dit Ronald Reagan, «de soulever tous les bateaux». La réalité c'est que le monde sortira de l'unité coronarienne avec l'habituel mélange de promesses et de faux papiers, de proclamations et de petits moyens, entre protectionnisme et libéralisme, parce que le «champ de jeu parfaitement plat» invoqué de tous n'a jamais existé.

La question clé est de savoir combien de doses de protectionnisme seront fournies aux économies malades, en se rappelant de l'avertissement d'un des prophètes du libéralisme, l'autrichien Ludwig von Mises qui vécut personnellement les deux guerres européennes de' 900, boulonnées sur les mythes de la souveraineté industrielle et de l'espace vital national: «La culture du protectionnisme est toujours la culture de la guerre».

Ecrit par: Luis Batista


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Commentaires

merci pour le partage ! c'est interèssant

Écrit par : chien | mardi, 13 septembre 2011

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