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mercredi, 24 février 2010

Comment la famille change-t'elle dans l'histoire

AXR002956.jpgQu'est-ce que le mariage? Qu'est-ce que la famille? Mariage et famille sont des formes sociales naturelles, universelles? On peut répondre à ces questions en s'appelant à des principes, en s'appuyant à des idéologies, ou bien en se refaisant aux faits des empiristes, à ce que nous connaissons jusqu'à aujourd'hui des sociétés humaines (et c'est beaucoup). L'anthropologie, depuis ses origines, qui coule dans une curiosité comparative, fondée sur une recherche patiente en lieux et cultures voisines et lointaines, a enquêté sur la nature des liens primaires.


42-23324211.jpgLa parenté: s'apparenter est une constante qui se retrouve dans tous les groupes humains, mais ses formes sont des plus différentes. En d'autres cultures que la nôtre souvent la filiation est séparée de la parenté, les parents biologiques ne sont pas ceux qui élèvent leurs propres enfants. Dans beaucoup de cultures ce sont les oncles, c'est-à-dire les frères de la mère à effectuer ce devoir - même chez nous existait cette institution et de temps en temps elle refait surface, comme le remarquait Lévi-Strauss en occasion de la mort de Lady Diana.

Dans ce cas, à l'enterrement, son frère était présenté comme unique possible tuteur de ses enfants. Il y a des cultures dans le sud de la Chine où le couple cohabitant est constitué de frère et de soeur, qui ont de «fugaces» visites nocturnes avec des personnes de l'autre sexe avec lequel ils peuvent engendrer une progéniture qui cependant est élevée par le frère et la soeur. En somme la cellule familiale, en tant que «maison» n'est pas une forme universelle, il y a des sociétés où il n'existe pas de couples fixes, il y a des familles poligames dans le fin fond de l'Amazonie ou au Sénégal et il y a évidemment les familles élargies.

L'exception, c'est nous: la famille mononucléaire - la solitude du mari et de la femme et de leurs enfants - c'est une invention récente.

Il a fallu l'arrivée du capitalisme et du travail salarié qui a détruit la famille élargie qui était aussi une entité économique - les antropologues parlent de «maison» ou de «household» - et qui a créé le couple comme nous le connaissons aujourd'hui. Ivan Illich l'expliquait dans un livre magnifique et introuvable "Genre et Sexe". Ce qui est nouveau c'est l'idée d'un noyau isolé qui devrait se charger de la formation de la progéniture.

118847180812316419148.JPGDans les sociétés traditionnelles européennes et dans les sociétés «indigènes» des autres cultures, le couple est inséré dans un système complexe de réseaux de réciprocité, dans un monde dans lequel des hommes et des femmes constituent deux sphères souvent indépendantes avec une langue, des manières et des obligations différentes. La progéniture est confiée au groupe le plus vaste. Ceci permet une élasticité majeure dans la constitution et dans la dissolution du couple même.

Une société aristocratique et complexe comme celle du Tuareg encore aujourd'hui permet une fréquence extrême des divorces - qui sont fêtés comme s'ils étaient des mariages, c'est-à-dire des nouveaux départs - justement parce que la progéniture n'est jamais confiée au couple individuel. Illich disait que le couple mononucléaire est un monstre dans l'histoire dont on n'avait jamais entendu parler auparavant.

Au fond de toute cette matière gésit une question importante: qu'est ce qui lie les sociétés, qu'est-ce qui fait en sorte qu'elles ne se dissoudent pas? Notre pauvre réponse aujourd'hui est: le couple.

La réponse d'autres sociétés a toujours été: un lien qui permet le passage de substances, soient-elles liquides, lait, eau, larmes, nourriture, émotions, mots, expériences, visions, héritage dans le sens plus vaste et dans le sens plus spécifique. La substance qu'une génération passe à l'autre est semblable et différente de la substance que les hommes et les femmes s'échangent en se rencontrant. Il s'agit d'affection, d'amour, de biens, mais surtout de «kinship» c'est-à-dire d'un lien de parenté qui est une invention culturelle qui change de lieu en lieu, mais qui est très important.

IndianWeddingSet.jpgNous sommes une étrange société qui privilégie l'amour-passion par rapport au lien de parenté.

Dans beaucoup de sociétés, même modernes, comme l'Inde ou le Japon, le mariage ne correspond pas à l'amour-passion, même s'il peut le prévoir. Les mariages sont combinés pour que le lien soit stable et ne change pas avec les changements des émotions. En Inde ils disent que leur type de mariage est comme mettre le feu sous une marmite d'eau froide, alors que le nôtre, l'occidental, serait comme éteindre le feu sous une marmite d'eau chaude. Et il est vrai que notre société, malgré l'appel des églises et des nouveaux fondamentalismes fait déjà un effort énorme à ne pas se déchirer continuellement.

Aujourd'hui le mot «couple» est vidé d'une grande partie de sa signification qu'il avait également chez nous jusqu'à il y a vingt ans. Les Pacs et même les mariages entre personnes du même sexe affrontent un problème juridique, lié à l'héritage et à la communion de biens, mais ils n'affrontent pas la substance appauvrie du couple.

7gfWry.jpgParce que dans quelconque société le lien entre deux personnes est quelque chose qui crée une circulation de substances à passer à d'autres générations (autrement on ne se marie pas, et dans les cultures primitives et traditionnelles l'amour passion existe ô combien et plus souvent que chez nous). Si on «se marie» c'est pour constituer un «kinship», un lien qui permette le passage de substances.

L'une des substances principales dans toutes les cultures est le genre. Ce n'est pas par hasard que l'on dit «engendrer», c'est-à-dire installer la progéniture dans le genre, dans un genre masculin ou féminin - il y a des cas de troisième sexe, mais pas de troisième genre, ce sont généralement des cas d'hommes considérés culturellement des femmes et vice versa.

La question de quel type de substance de genre passent des parents d'un même sexe à leur progéniture existe. C'est une question embarrassante pour celui qui se bat aujourd'hui pour le Pacs, mais il faut y répondre.

Ecrit par: Luis Batista


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13:25 Écrit par LuisB dans Actualités, Karma, Opinion, Solidarité, Video, Vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : anthropologie, vie, société, kinship, famille, marriage, pacs, progéniture | |  Facebook | | | | Pin it! |

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