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mercredi, 24 mars 2010

Drapeaux: l'identité d'un peuple

Tibetan_Flags_shangri_la1000.jpgCouleurs de l'identité, la forme des sentiments, les mesures d'une émotion partagée. Telle est l'histoire dans un morceau de tissu. Dans un message à agiter. Parmi tous les symboles inventés par l'homme, peu sont symboliques comme le drapeau. Il récapitule en quelques centimètres carrés de tissu l'histoire entière d'un peuple. Il la rappelle aux siens et l'exhibe aux autres.

Un acte de communication extrêmement élémentaire et en même temps extrêmement sophistiqué. Parce qu'il emploie le code basique des couleurs et des figures pour signifier une réalité complexe. Faite d'évènements et de sentiments, choisies et déroulées, passions et décisions, victoires et défaites, unions et sécessions.


42-21877405.jpgEn somme le drapeau est à tous les effets un message, une communication publique. Un mot muet choisi par l'histoire. Le terme même qui dérive de la racine indo-européenne le dit - qui signifie apparaître, montrer, divulguer - duquel se forment des vocables comme notre avis, bande, bannir. Et comme une bannière, qui était le drapeau des empereurs romains, père de tous nos standards, civils et religieux, militaires et sportifs. Signe de très haute définition, le drapeau est la première forme de communication à large bande.

Celle qui rejoint tout le monde à vitesse maximale de transmission et de réception. Aux frontières du digital. Couleur et contre couleur, figure et doublure, champ et contrechamp. Croix contre demi-lune, rouge contre noir, lignes horizontales contre lignes verticales. Il ne peut exister deux drapeaux égaux. A l'exception du blanc. Lorsque sur le pont s'agite le neutre pour antonomase, c'est le vide de la communication, la reddition de son propre signal interrompu.

Si celui des drapeaux est un langage tous peuvent l'employer pour dire, mais même pour contredire. Ce n'est pas par hasard que les disputes politiques, les guerres et même les compétitions sportives ont souvent leur climax symbolique en gestes comme conquérir le drapeau ennemi, l'arracher, la piétiner, l'amener, la remplacer. Et la brûler. La plus radicale des actions démonstratives. Parce qu'elle exprime une mise en discussion totale de tout ce que le drapeau représente.

jimi_hendrix01.jpgC'est ce que faisaient les rock stars dans les années de la contestation. Premier de tous Jimi Hendrix qui sur la scène de Woodstock désacralisa le drapeau en déchirant l'hymne américain - The Star Spangled Banner, corps et voix des States - avec sa lancinante Fender Stratocaster.

Celui qui enflamme le drapeau, le sien ou celui d'un autre, s'appelle d'une certaine façon à la liberté de parole. Ce n'est pas par hasard que le Sénat américain a repoussé récemment une proposition de loi qui voulait défendre les «profanations physiques» du drapeau en long et en large, parce que brûler l'emblème de la nation est assimilable à un discours et donc considéré comme une manifestation extrême de cette liberté de parole que le premier amendement de la constitution garantit à tous les citoyens.

Le drapeau exprime donc l'histoire d'une identité mais réfléchit aussi à ses transformations. Il suffit de penser à ce long procès de graphique politique qui est derrière la naissance du tricolore français ou italien. Mais pour la même raison le drapeau peut signifier même la dissolution progressive d'une identité.

Sa segmentation. Sa régionalisation. L'émergence de nouvelles appartenances. Et souvent ce carré de tissu est trop petit pour pouvoir contenir tant de messages contrastants. Naît même de ceci la tentation de multiplier les drapeaux. Une tentation risquée parce que jamais comme dans ces cas multiplier n'aura signifié diviser. Il est bien de toujours tenir  en mémoire que la démocratie est fragile et qu'à y planter trop de drapeaux dessus, elle s'effrite.

Ecrit par: Luis Batista

 

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00:05 Écrit par LuisB dans Opinion, Politique, Video | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : drapeaux, identité nationale, souveraineté, communication, nationalisme, patrie, nation, opinion | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

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Clovis Simard

Écrit par : clovis simard | mardi, 21 juin 2011

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