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mercredi, 14 avril 2010

Le code d'Édipo écrit dans l'âme

79000-04.jpgTout au long des années beaucoup m'ont demandé comment je me voyais par rapport au monde et à la vie et je dois dire que j'ai toujours répondu que je me sens un explorateur acharné à la recherche de la source originale des mythes sur lesquels se pose l'inconscient collectif, en d'autres mots un poursuivant de la psychanalyse, penseur jungien lancé épée tendue contre mes deux maîtres de vie et d'œuvre, Sigmund Freud et Carl Gustav Jung, que j'oserais définir des «empereurs de l'âme» dans leur impulsion à la rationalisation du mystère de l'inconscient.


ABS-34-RIT001.jpgToutefois pour moi la grandiosité de Freud ne se discute pas, ce qui compte, c'est de «distinguer» entre les conquêtes plus authentiques et incisives de Freud et l'ensemble de doctrines ou les dogmes dérivés de sa pensée, qui pour moi n'ont aucun intérêt.

Par contre certaines révélations fondamentales de Freud ont toujours une grande valeur. Il n'y a rien de plus important, pour le parcours de la psychologie moderne, que l'idée freudienne d'inconscient. Freud a su dire à l'homme occidental: en toi il y a beaucoup plus que l'ego, et de cette façon il lui a signalé le doute et l'humilité. Dans une société égocentrique et sans retenue orientée vers le profit comme la nôtre, Freud a démontré que dans l'esprit humain, dans ses intentions et ses motivations, il y a beaucoup plus que le "moi". Dans les certitudes granitiques de l'ego, et sans les fêlures salvatrices du doute, on arrive à une sorte de dimension paranoïaque et malade, la même que celle vers laquelle tend aujourd'hui notre société. La même, par exemple, que semble vivre éternellement le premier ministre italien Silvio Berlusconi ou à son temps l'ex président américain George Bush Jr..

Dans le passé, j'ai essayé d'approfondir la centralité du mythe d'Édipo que je considère encore indispensable, mais pas dans le mode dans lequel l'entendent les freudiens. Je pense qu'il ne vaut pas comme mythe concernant les rapports familiaux, même s'il est compréhensible que cet aspect soit considéré central dans la Vienne du dix-neuvième siècle. L'importance du mythe, à mon avis, est liée à la cécité et à l'inconscience. L'interprétation des disciples de Freud en somme ne m'intéresse pas et tout le système qu'ils ont construit autour de l'Édipo, mais je considère fondamentale la découverte, de la part de Freud, des influences du mythe sur la psyché humaine. Selon moi, l'Édipo est important puisqu'il parle de la cécité du roi et de l'effet de cette maladie sur toute la société, qui tombe malade comme son souverain.

80848-184.jpgEn outre la cécité est bien la qualité de la méthode édipique de la psychologie du profond, puisqu'elle représente le point de départ du voyage à la recherche du "soi". Sortir du noir du regard, chercher à découvrir qui nous sommes, est le premier acte de défaite de l'inconscience: l'analyse vise à ouvrir les yeux du patient, de sorte qu'il scrute avec clarté sa vie, comme un champ de projections inconscientes. La psychologie nous montre les mythes en vestes modernes, pendant que les mythes montrent notre psychologie en vestes anciennes. Le premier à refondre pour la psychologie moderne du profond fut Sigmund Freud. Alors que Jung fut le premier à comprendre les implications renfermées dans la reconnaissance de la part de Freud du rapport entre mythe et psyché, entre le monde antique et la psychologie moderne. C'est pour cela que Freud et Jung sont mes sources d'inspiration, tous les deux avec la même importance. Mais il est nécessaire de lire Freud avec un esprit calme et libre de préjugés, sans servir de médiateur à la lecture avec les dogmatiques superpositions des freudiens.

42-21799911.jpgAu sujet des interprétations plus déviées ou perverses de la pensée de Freud, ce qui compte ce n'est pas la doctrine et tout le monde, en pratique, l'a déjà attaquée. Elle n'a pas plu aux féministes ni à l'Église ni aux spécialistes de biogénétique. Et elle a été évidemment détestée des pharmacologues. Plus que la doctrine et ses diverses dérivations, vaut le pouvoir d'étendue de l'esprit que Freud a su nous indiquer. Il en a agrandi les frontières jusqu'à inclure l'inconnu, en posant ainsi des limites humiliantes à la dimension consciente. Il nous a enseigné que la vie doit être vécue dans le doute et dans l'ouverture de l'imagination. Une autre de ses conquêtes cruciales a été la parole.

Conquête dans le sens du soin de parler. Concernant les problèmes de la psyché, Freud nous a démontré, qu'ils peuvent être affrontés en parlant. Avec la pharmacologie ou avec les traitements violents et envahissants ou bien avec la chirurgie, mais plutôt avec la pureté du mot, qui grâce à Freud devient moyen de secours et de guérison. C'est lui qui a inventé le «parler thérapeutique».

Tous ont des histoires à raconter: notre vie entière est reflétée dans une histoire. La narrer est déjà un pas vers la guérison du malaise. C'est le motif pour lequel Freud n'a jamais  été apprécié par l'industrie pharmaceutique, de la neurologie et de toutes les sciences qui traitent l'être humain comme mécanisme ou comme forme biologique, et non pas comme forme psychique. Freud était un psychologue, pas un technicien biologique ou un bio-généticien. Donc il n'a jamais plu aux scientifiques.

42-21779164.jpgMais à la fin qu'est-ce que ne plaît pas de Freud? Sûrement la réduction de l'homme à son enfance. L'idée que les expériences initiales déterminent le développement de la vie suivante. Premièrement: je suis convaincu que le rôle de la phase initiale de la vie ait été surestimé. Deuxièmement: on ne peut plus intervenir sur notre enfance. Le passé reste tel.

Plusieurs fois, j'ai lu l'un des textes clé de Freud: «L'interprétation des rêves». Je le considère un livre de valeur immense. Aujourd'hui, dans le monde, beaucoup de thérapeutes semblent renier l'importance de l'activité onirique. Pas les jungiens, mais la plupart des autres a pris désastreusement les distances du monde des rêves. Si l'on regarde les textes d'aujourd'hui venant des facultés universitaires de psychologie on ne trouve presque plus rien à ce propos. Par contre il serait décisif, pour notre futur, de retourner à la lecture de Freud, c'est-à-dire de ce qu'ont été nos premières sources, et ouvrir de nouveau les portes à la richesse de la dimension onirique et imaginative.

Ecrit par: Luis Batista


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00:05 Écrit par LuisB dans Karma, Opinion, Science, Vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : édipo, sigmund freud, carl gustav jung, psychologie, interprétation des rêves, imagination, mythe, psyché | |  Facebook | | | | Pin it! |

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