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mercredi, 07 juillet 2010

La télévision est notre monde

Television_Rules_the_Nation_by_vhm_alex.jpgDans chaque temps, dans chaque lieu, dans chaque époque historique les hommes n'ont jamais habité le monde, mais toujours et seulement sa description: mythique dans le monde ancien, religieuse dans le moyen âge, scientifique dans l'âge moderne et aujourd'hui technique. S'il n'y a pas un monde au-delà de sa description, la télévision n'est pas un «moyen» qui rend publics des faits, mais la publicité qu'elle concède devient la «fin» pour laquelle les faits arrivent. L'information cesse d'être un «compte rendu» pour se traduire en une véritable «construction» des faits.


KV005815.jpgEt ceci non pas dans le sens que beaucoup de faits dans le monde n'auraient pas d'importance si les medias ne les proposaient pas, mais parce qu'un énorme nombre d'actions ne seraient pas accomplies si les moyens de communication n'en donnaient pas la nouvelle. Aujourd'hui le monde arrive parce qu'on le communique, et le monde communiqué est l'unique que nous habitons. Non plus un monde de faits et ensuite l'information, mais un monde de faits pour l'information.

Ceci est le vrai problème: la construction télévisée du monde qui prend la place du monde.

Avec ceci on ne veut pas dire que la télévision mente. Elle n'en a pas besoin dans un contexte où rien n'est plus fait si non pour être télécommuniqué. Nous sommes donc les vrais responsables de la résolution du monde dans sa narration télévisée. Mais là où la «réalité» du monde n'est plus discernable du récit du monde, le consentement ne se produit plus sur les choses, mais sur la «description» télévisée des choses, qui a pris la place de leur réalité.

0000383090-027.jpgLa conséquence est l'abolition de l'opinion publique, parce que si tous regardent la télévision, lorsqu'on sonde l'opinion publique, ce que le sondage vérifie n'est pas la libre opinion des citoyens, mais l'efficacité persuasive de la télévision, qui d'abord crée l'opinion publique et ensuite sonde sa création. McLuhan écrit: «Le vrai message d'un moyen de communication est dans le changement de proportions, de rythme et de schémas qu'il introduit dans les rapports humains».

À ce point l'opinion publique autre n'est que le miroir de réfraction du discours télévisé dans lequel on célèbre la description du monde. Jusque là, rien de nouveau. Même la vie des anciens ou celle du Moyen âge était le miroir de réfraction sur laquelle on célébrait le discours mythique ou le discours religieux. La nouveauté est que dans les sociétés anciennes, où l'on disposait seulement de places ou de chaires, il n'était pas possible rejoindre le social en entier, donc il restait de l'espace pour des idées et des discours différents, d'où prenait naissance la nouveauté historique.

AAMK001101.jpgAujourd'hui cet espace est pratiquement aboli, et la nouveauté historique, si elle pourra s'exprimer, devra se produire en formes qui ne se laissent pas encore entrevoir. Et alors le problème ne se résout pas en éteignant la télévision, mais en créant d'autres sources d'information alternatives à la description télévisée du monde, comme les journaux que bien peu lisent, ou internet qui est chez nous encore si peu fréquenté.

Et ceci pour ne pas nous retrouver dans cette condition que Günter Anders décrit dans ce "Récit pour enfants", où il se narre qu'un roi ne voyait pas de bon œil que son fils, en abandonnant les routes contrôlées, il errait dans les campagnes pour se former un jugement sur le monde; donc il lui offrit carrosse et chevaux: «Tu n'as plus besoin d'aller à pied maintenant», furent ses mots. «Il ne t'est plus permis de le faire maintenant», était le significatif. «Tu ne peux plus le faire maintenant», fut l'effet.

Ecrit par: Luis Batista

 

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