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mercredi, 04 août 2010

Le racisme pour 190 euro par mois

42-17008101.jpgL'ouvrier chinois sait vraiment ce qu'est le travail. Cependant il n'a jamais eu un problème qui nous est familial, à nous occidentaux: la concurrence. Jusqu'à il y a dix ans de cela, l'industrie étatique le protégeait, construite et gérée par le communisme. Ensuite il s'est protégé lui même: aucun travailleur au monde ne coûtait moins que lui. Ce n'est plus ainsi. Avec le temps, dans le monde, se crée toujours quelqu'un de plus avantageux que le plus avantageux. Le travailleur chinois, nommé «personnage de l'année» par Time, découvre aujourd'hui qu'il est déjà pratiquement hors marché. La croissance constante de la planète commence à poser sur de nouvelles épaules: les immigrés du Vietnam, du Sri Lanka, du Cambodge et des Philippines. Des milliers de clandestins du Sud-est asiatique rembourrent les usines chinoises qui empoisonnent lourdement le delta du fleuve des Perles.


100684130.jpgIls vivent cachés dans les rayons, travaillent quinze heures par jour, ne disposent pas de repos hebdomadaire et gagnent, du moins pour les plus chanceux, cinquante euro par mois. Ils sont illégaux et le patron peut les engager, ou les chasser, à tout instant. La faim de main d'œuvre de la forge du siècle est tellement vorace, que dans la région de Guangdong commencent même à arriver des bateaux chargés d'africains, et ce n'est pas dit qu'ils soient tous «volontaires» parce qu'on parle déjà d'esclavage pur. L'ouvrier chinois, depuis toujours exploité jusqu'à l'invraisemblable et pour cela imbattable, découvre ainsi un sentiment nouveau: le racisme contre celui qui est plus pauvre que lui. Depuis le début de l'année, des milliers de travailleurs, immigrés des campagnes, ont dénoncé l'invasion d'étrangers à travers les frontières méridionales de la Chine. Avec la lenteur asiatique, se déligne un impressionnant trafique d'êtres humains. Des commerçants d'êtres humains garantissent des camions de vietnamiens aux établissements de Shenzhen, ou aux usines de Dongguan, et ce pour dix euros.

0908052051195710.jpgDes milliers de femmes suivent le courant de protestation. La loi du fils unique a produit dans la population chinoise un énorme déséquilibre démographique parmi les sexes. Il manque quelques millions de femmes et avec les nouveaux esclaves de la Chine arrivent aussi celles-ci, vendues pour quelques yuans aux hommes à la recherche d'une femme pour la maison. À s'insurger contre «les putains du sud» se trouvent cette fois les jeunes chinoises, qui craignent de perdre le peu de droits acquis depuis quelques années. Cette nouvelle Chine raciste, qui fait semblant de s'indigner contre l'exploitation de celui qui n'est pas chinois, préoccupe le pouvoir de Pékin. L'avantage de la productivité nationale reste l'épine dorsale d'exportations, de croissance et de stabilité. Augmenter le coût du travail signifie s'exposer au risque de perdre quelques indispensables points de PIB.

42-16877536.jpgLe gouvernement et les partis politiques craignent cependant que parmi les masses d'immigrés et de paysans chinois, au-delà de 900 millions de personnes, avec la haine contre les immigrés puisse croître également un sens du devoir interne. Dénoncer les clandestins pour regagner le poste de travail perdu, signifie nettoyer le terrain de la concurrence et se préparer à redevenir indispensables pour les entreprises. Le spectre, pour les neveux de Mao, est la naissance d'un syndicat. La police a bougé contre ce danger. Dans les deux dernières années au-delà de 20.000 travailleurs clandestins ont été surpris aux chaînes de montage des districts industriels. Chaque nuit des cars et des camions de vietnamiens sont bloqués le long des 553 kilomètres de frontière avec le Guangxi. Dans le port de Dongxing, fin avril, on a découvert des centaines des conteneurs remplis de presque dix mille travailleurs du Sud-est, prêts à être délivrés en Chine.

42-24232289.jpgParmi les deux cents intermédiaires arrêtés, quelqu'un a raconté que dans le Delta les nouveaux bras arrachés au désespoir peuvent coûter aujourd'hui même moins que quarante dollars par mois. La soudaine explosion du marché du travail plus stable du monde a deux raisons principales. Les financements gouvernementaux pour le développement des régions chinoises de l'Ouest ramènent des millions d'immigrés dans les villages des paysans. Fin mars, rien qu'entre Dongguan et Shenzhen, les industries ont déploré le manque d'au moins trois millions de travailleurs, qui ne sont pas rentrés après les congés. Sont ensuite entrées en vigueur plusieurs lois. Elles garantissent aux ouvriers réguliers l'assurance, assistance médicale et l'indemnisation en cas de licenciement. Depuis le 1er mai, le salaire minimum, même en basse saison, a été augmenté de 21%. L'ouvrier chinois, victime et héros de l'Occident bouleversé par sa propre crise, avec les heures supplémentaires et les jours fériés réussit à gagner jusqu'au montant stupéfiant de 190 euro par mois. Il découvre cependant que le rêve est déjà un cauchemar: c'est trop. Des millions de non chinois plus chinois que lui ont grandi. Et il ne lui reste plus qu'à devenir plus vietnamien du collègue de Hanoi.

Ecrit par: Luis Batista

 

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