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mercredi, 15 septembre 2010

Tea party - les «rebelles du thé» qui bousculent l'Amérique

61000x.jpgFils d'anciennes pulsions et de nouvelles rages, alimenté du creux économique qui est en train d'user l'optimisme américain, le «Tea Party» est le phénomène politique plus important et encore indéchiffrable dans l'Amérique des fins d'années ’10. Non pas un parti, et pas non plus une côte reconnaissable dans le corps de l'opposition républicaine qui tente aussi de les assimiler, les nouveaux «rebelles du thé» qui s'inspirent et se donnent des airs de mouvements du XVIIIe siècle contre les gabelles anglaises, sont un «énorme parapluie», que même les sondagistes ne réussissent pas à dessiner de manière cohérente.


6107x.jpgSi une intolérance décidée contre un président Obama les unit, et 77% d'entre eux sympathise avec le parti républicain alors qu'à peine 7% a une opinion positive du président, seules les deux prochaines grandes élections nationales, celles à moyen terme pour Chambre et Sénat le 2 novembre prochain et surtout les présidentielles du 6 novembre 2012 diront combien peut être profonde cette rébellion.

Et combien ce mouvement spontané sera-t'il capable d'ébranler la nature même, toujours plus fatiguée et statique, du «bipartisme parfait» américain.

L'acte de naissance, de l'état civil mais pas encore idéologique, du «Tea Party», a fait remonter à la tirade télévisée de Rick Santelli, un journaliste économique marginal de la chaîne CNBC et ex courtier de matières premières à la Bourse de Chicago.

Le matin du 19 février 2009, moins d'un mois après l'installation d'Obama, Santelli critiqua violemment la loi obamienne pour le secours aux débiteurs dans les ennuis, en demandant aux auditeurs si vraiment ils étaient disposés à voir leurs taxes employées pour raplatir les dettes «des perdants» des autres. Et si ceci n'était pas un premier, terrible exemple de cet «étatisme dirigeant», prodrome d'un nouveau socialisme rampant.

0705-ASOCIALIST-01-obama-politics-socialism-conservatives_full_600.jpgCe fut l'étincelle qui alluma la paille des anxiétés et des soupçons que la victoire d'Obama avait empilé, parce que, même dans l'obscurité et dans les ambiguïtés de cette observation encore confuse, un indice était éloquent: la venue d'Obama à la Maison Blanche (janvier 2009) et les premiers signaux de protestation destinés à former le parapluie du «Tea Party» (février 2009) coïncident. Et la charge «insurrectionnelle» a augmenté de pair avec le lancement des lois et des mesures du nouveau président afro-américain, culminant dans l'explosion contre l'introduction, tentée et faillie, d'un système sanitaire national, prélude au «socialisme obamien».

Des éléments d'irrationalité s'accotaient à l'historique et à la profonde aversion au centralisme administratif d'une nation qui a toujours accepté, mais jamais embrassé, la partielle renonciation aux prérogatives locales et à la plus odieuse et concrète manifestation du pouvoir gouvernemental - les taxes. Le parapluie s'est élargi.

6103x.jpgBeaucoup de mois furent nécessaires, pour que les taches dispersées des rebelles du thé se coagulent en un mouvement national encore fédératif et acéphale et pour que la direction politique officielle, républicaine ainsi que démocratique, commence à craindre ou à rêver des effets électoraux. Mais des mois furent aussi nécessaires pour que les vieux professionnels de la politique politicienne, comme l'ex leader républicain à la Chambre, le texan Dick Armey, décide d'épouser le mouvement et de l'appuyer, à travers des amitiés puissantes et sa propre organisation, «Freedomworks», la liberté fonctionne.

Devenant, après des années bien passées dans les lobbies qui offensent «les révoltés du thé», un révolté lui même. Dans les dernières semaines d'été, après une série de victoires surprenantes dans les primaires républicaines de candidats soutenus par le «Tea Party», quatorze parlementaires républicains fortement conservateurs ont formé en vitesse un «caucus», un courant d'appui.

6105x.jpgD'importants bailleurs de fonds sont apparus, rappelant l'avertissement de Jesse Unruh, pendant des années le boss de la politique californienne, qui mettait en garde: «l'argent est le lait maternel de la politique». Sarah Palin, l'ex gouverneur d'Alaska et candidate à la vice présidence avec le perdant McCain, cherche, mais pour l'instant sans succès, de se qualifier comme la marraine et la championne de l'insurgentes pour chevaucher la vague vers la Maison Blanche 2012. Et si le poids électoral, sûrement anti Démocratique, aux élections parlementaires de novembre pour lesquelles la participation est toujours moindre - pas plus de 35% des citoyens vote - et l'abstentionnisme de déçus d'Obama sera massif, le parapluie sortira grossi des circonstances.

Déterminer une idéologie cohérente sous le parapluie est impossible.

6102x.jpgMême si, inspiré d'Armey et de Newt Gingrich, les deux inventeurs du tant copié «Contrat avec l'Amérique», le mouvement a produit son propre décalogue en prêchant la classique réduction au minimum du gouvernement, la limitation de la dette publique «pour affamer le fauve», c'est-à-dire l'état central et, naturellement, moins de taxes, le succès de l'«insurrection» antigouvernementale reste encore un phénomène de la communication radiophonique, télévisée et une internetienne, alimenté des torrents des sites web, de Facebook mais surtout des grands bonimenteurs radiotélévisés comme Rush Limbaugh et Glenn Beck.

610vx.jpgPersonne ne sait combien ils sont, parce que personne ne sait vraiment les définir, mais, peu ou beaucoup, sont décidés «à faire entendre la propre voix» à une bande politique sourde. Mais pour se faire, la galaxie des «Tea baggers» comme sont appelés les détracteurs, des «sachets de thé» (une allusion lourdement sexuelle dans l'argot yankee) devront inexorablement s'engager à l'intérieur d'un des deux partis traditionnels, pour trouver la confirmation de sa propre force et, implicitement, le risque de son extinction. Dans le fervent bipartisme américain, les «troisièmes forces», qu'elles soient de droite ou de gauche, sont destinées à haleter et s'éteindre, pour redevenir fleuve karstique sous la croûte politique, prêtes à remonter à la surface et cracher.

La normalisation de tous les mouvements, déglutis des deux partis, se produira même pour le «Tea Party», lorsque le vrai objet de sa rébellion, Barack Hussein Obama, quittera la Maison Blanche.


Tea party rally on Washington's Mall - no comment

Ecrit par: Luis Batista

 

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