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mercredi, 24 novembre 2010

Aller au cinéma: du popcorn aux toilettes

42-22407695.jpgMême si je suis un amant de la série cinématographique Matrix je dois confesser que j'ai fait un effort surhumain à ne pas me cloîtrer dans les toilettes pendant Matrix Reloaded, de même que j'aurais voulu me réfugier dans les mêmes toilettes lorsque je suis allé voir le récent Inception, tout ça parce que c'est l'idée que se fait un imbécile d'un film intelligent. Je préfère Rapunzel ou la série Shrek. Il est vrai que je pars d'avance avec la considération que le cinéma est mort, et avec ceci je ne veux pas dire qu'on ne fera plus film mais que le cinéma n'est plus le moyen narratif dominant: fin de son hégémonie sur l'imagination des gens. Si nous écoutons nos enfants nous les entendrons citer plus souvent YouTube, Dailymotion ou les caméras vidéo de surveillance que les films comme faisaient autrefois les américains ou les Nouvelle Vague. Il est maintenant un fait que les ventes de jeux vidéos auraient dépassé celles du cinéma s'il n'y avait pas eu Avatar, et avec lui l'arrivée du 3D, à relever la moyenne, même si temporairement, et que les séries tv sont plus extrême et avec des centaines de canaux généralistes.


42-24400571.jpgDe nos jours le circuit des salles est un malade en phase terminale, même les ventes de Dvd descendent, tout finit dans le web où, cependant un film de trois heures, personne ne le comprend. Et si en plus nous allions voir les films en multiplex? Les toilettes sont tellement splendides que souvent je me suis demandé si un jour on n'irait pas au cinéma seulement pour aller les voir. Mon DNA portugais anomal qui haït le «coolisme» culturel autant qu'un teenager qui a grandi dans l'est communiste haït l'idéologie des parents, n'est pas aussi négatif au sujet du nouveau monde du cinéma qui viendra.

Dans les Usa, mais surtout en Inde, Brésil, Afrique du Sud, Mexique et au Japon, est en train de naître le cinéma expérimental du futur, ce qui passe pour les nouvelles technologies, la diversité culturelle, les minorités. Et les universités comme l'University of South California (Usc), parmi les enseignants Spielberg, Lucas, et ils y étudièrent de Capra à Coppola, même si cela coûte, voient arriver les étudiants de ces nations du nouveau cinéma pour les fréquenter. Avec les élèves des universités de Mumbai, Inde, qui rêvent d'aller là bas, et eux qui les accueillent parce qu'un peu de multiculturalisme fait tendance et fait augmenter les recettes. C'est la stratégie du soft power, le pouvoir souple Obamien qui par rapport au hard power de Bush, est inclusif.

Harry-Potter-Deathly-Hallows-Wallpaper-1.jpgLe blockbuster globalisé est comme la nourriture Tex-Mex, nouvelle diversité standardisée. Aller au cinéma dans le monde globalisé n'est pas de forcément ennuyeux. La bonne nouvelle est que la globalisation ne s'est pas toujours traduite par la disparition des cultures locales. Dans beaucoup de pays le box office reste national pour 25 à 50% (Inde, qui malgré tout reste la plus grande productrice du cinéma mondial). La mauvaise nouvelle est que si certains comme l'Italie et la France ont résisté, même avec de fortes participations d'argent public, en matière de culture de masse il n'y a pas une identité européenne forte comme l'américaine du blockbuster, Spiderman, Toy Story I+II+III pour ne pas parler d'Harry Potter.

Avez-vous en tête le modèle politique social belge? Ce sommes-nous, les européens. Batailles linguistiques, inconscience de la cinématographie d'autres pays. Pendant une récente visite à Bruxelles je me suis entendu dire que trouver une culture européenne commune c'est comme recomposer des poissons intacts en partant de la soupe. Si nous continuons ainsi, faisons-nous du mal, faisons niche.

Hyderabad_Central_Wallpaper.jpgLes salles cinématographiques megaplex sont en pleine expansion de Dubaï à Shanghai, du Caire au Mexique à Beirut. L'on inaugure un multiplex par jour en Chine, un en Inde (et grâce aux récentes incitations gouvernementales ils verront le nombre monter au-delà des 4.000). Seulement au Mexique la chaîne Cinepolis en a inauguré 300 en un an. Dans les Etats Unis d'Amérique, depuis ces années '70 avec 14 salles séparées par des murs en plâtre où, regardant Moi et Annie l'on entendait en arrière-plan Star Wars, aux cris des employés de la salle «ne pas se laisser échapper un teenager», on est passé aujourd'hui à une projection chaque 15 minutes et 40mille écrans placés dans 6.300 cinémas.

Mais je n'arrive quand même pas à voir le verre demi plein, dans les exurbs américains, les périphéries des périphéries, aux croisements d'autoroutes, où la dimension communautaire n'est pas donnée par des écoles ou des églises, mais par des multiplex, j'ai également trouvé un fast food McDonalds et des magasins de Banana Republic. Mais il s'agit d'une uniformité apparente, qui cache dans les coins des magasins de sandales Made in Vietnam ou des Dvd bollywoodiens.

UKD379INP.jpgEnsuite, le fou calendrier des dates de sortie. Une autre preuve de comment le cinéma, même si de masse, ne fait pas s'ennuyer celui qui «joue» avec la distribution. Dans les States, si tu veux qu'un film soit commercial tu dois le faire sortir entre fin mai (Memorial Day) et le Labor day (premier lundi de septembre) ou entre Thanksgiving (quatrième jeudi de novembre) et Noel. En Europe il faut tenir compte des matchs de foot et de la météo. Si tu fais sortir un film dans les pays arabes au Ramadan cela devient un flop. En Chine à la Saint-Valentin il fait des ravages, donc on ne lance pas de film aux Usa dans ces périodes pour ne pas favoriser l'ennemi.

L'une de mes connaissances chinoises, manager d'un major cinématographique occidental, pendant un voyage en Chine me racontait une histoire de chinois au cinéma. Malgré la censure néo-victorienne en vigueur dans la République Populaire en matière de sexe et pour une politique dictatoriale très connue, les spectateurs parfois ne se font pas baiser. Ainsi, il racontait qu'à la sortie officielle de "Casino Royal" - suite de la saga d'espionnage de James Bond -, l'on découvrit ébahi que les chinois connaissaient par cœur la colonne sonore et tout le film, l'ayant déjà vu sur un dvd pirate. Un vendeur à Shanghai m'a expliqué que les Dvd originaux et illégaux se ressemblent parce qu'ils sont produits par la même fabrique, comme les célèbres presque vrais Rolex. Lyung, mon ami chinois en rigolant finissait sa pensée: «Pour les américains le marché chinois est, et restera, Wild Wild Est».

《功夫》电影壁纸5.jpgMais les vrais dealers de films falsifiés indépendants sont les américains eux mêmes. Je suis peut être optimiste mais pas stupide. Parmi les préposés aux travaux, l'histoire des «unités spécialisées» ou les «divisions films d'auteur» parqués dans les cours du major cinématographique est très connue. Lorsque vous allez voir les productions indépendantes d'Ang Lee, en réalité elles sont immatriculées Focus Features, qui est une côte (contrôlée) d'Universal. Presque indiennes à moyen budget, pour épargner, s'enlever le dossard de la marque commerciale, échapper à la réglementation syndicale, conquérir le spectateur euro-intellectuel-snob. Plus personne ne croît plus désormais aux Sundance comme contre-Hollywood. Le directeur du festival Geoffrey Gilmore lui-même a expliqué comment Tarantino soit un ensemble indépendant et homme des major. Apatow Productions et Section Eight de Steven Soderbergh emploient les Studios comme banques. Mais d'abord ils doivent obtenir le greenlight, la lumière verte, un miracle.

Et «Flyng around» sont les scénarios qui flottent comme avions de papier, films nés morts. Alors que pour les blockbuster l'on planifie des campagnes monstrueuses basées sur genre/âge/couleur (de peau!), et le focus group qui ont le pouvoir de changer la fin ou la durées des films (après les heure et 30, les minutes comptent double). Critiques? Les traditionnels ne tonnent plus, ils ne peuvent plus être prescrits. Les bloggeur, Twitter et Facebook (avec «Me plaît» au lieu de la petite étoile) créent une nouvelle économie de la recommandation. Au lieu de Roger Ebert, critique de cinéma remarquable, il y a Nikki Finke du blog Deadline Hollywood, choyé comme autrefois les critiques de la L.A. Times. Mais attention, les major se tournent vers des sites comme BuzzThreatTracker, qui surveille les commentaires qui s'engendrent sur internet autour des films, et si cela dégénère, ils contre-attaquent avec des campagnes contre un tapis d'informations en faveur de leur cause.

42-25979822.jpgLa prochaine fois que vous rencontrez un «croqueur» de pop corn à côté de vous, attachez-lui le pipo de la Grande Dépression de '29, lorsque les propriétaires de cinémas, besogneux d'entrées extras, pensèrent aux champs de grain: facilité de cueillette, 90% de gain pur, l'industrie du maïs devient un colosse et la lobby des popcorn a des pistons à la Maison Blanche. L'Amc Mall of America explique que la rentabilité du multiplex ne vient pas des billets mais des concessions alimentaires. Depuis les années 80 redoublement: malgré les campagnes de la first lady Michelle Obama contre le sirop de glucose, le popcorn bat son plein. Et nous revoilà sous récession économique: tu vas avec le repose boîte spiraliforme Philippe Starck englobé dans l'accoudoir de la chaise. La guerre envahit même Coca/Pepsi pour le contrôle des chaînes, et cette fois-ci pas seulement dans les Usa mais au niveau mondial.

Dans l'éventualité que vous planifiez un voyage en Inde et voudriez vous rendre au cinéma, gardez bien en mémoire que le quotidien indien Pune Mirror donne des points aux toilettes des multiplex: «L'E-Square a du papier hygiénique à double voile et l'air-freshener à la Satsuma. Valeur d'un tirement de chasse, 4/5». En prévision de WC avec Wifi, si le blockbuster ennuie: tu peux toujours t'y enfermer et regarder quelque chose de mieux sur ton iPad.


RAIPONCE : BANDE-ANNONCE 1 VF HD (Disney 2010)

Ecrit par: Luis Batista

 

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19:23 Écrit par LuisB dans Actualités, Culture, Économie, Film, Loisirs, Opinion, Video, Web | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : cinéma, cinématographie, multiplex, économie, bollywood, vidéo, films, culture, opinion | |  Facebook | | | | Pin it! |

Commentaires

Quoi? Inception, c'est génial!!
Eva

Écrit par : cinema lausanne | mercredi, 19 octobre 2011

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