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mercredi, 01 décembre 2010

Einstein un génie de baby-sitter

42-23886262.jpgIl y a quelques années de cela, une ex enseignante de maternelle américaine, fatiguée d'être payée ces salaires médiocres et illégaux que le monde civil et développé réserve aux enseignants et professeurs, eut l'idée d'exploiter le remords que chaque parent, oncle, grand-père, éprouve lorsqu'il place le poupon devant l'écran, et commence cette œuvre d'encrétinage qui une fois grand fera de lui ou d'elle un zombie de la télé et un citadin parfait, disposé à regarder soirée après soirée le Big Brother ou quelque autre reality et à voter pour les visages qu'il voit le plus souvent à l'écran et pour les potins produits.


42-18216999.jpgPour transformer le sens de culpabilité en l'illusion de stimuler le cerveau des enfants, l'enseignante rusée (voilà chers ministres ce qui se passe à sous-payer les enseignants?) décide de produire à bas prix une série de cassettes vidéo, aujourd'hui dvd, avec des jeux colorés, canards en plastique, petits trains, accompagnés par des opérations arithmétiques élémentaires et arrangements pour trompettes, xylophone, flûte ou tambourins de chef-d'œuvre musicaux classiques, de Bach à Beethoven. Et d'appeler la série “Les petits Einsteins″.

Jouer au piano les anxiétés de chaque maman, qui à partir du deuxième jour de vie de l'enfant, après avoir vérifié avec soulagement que la créature possède vingt doigts, deux yeux et un tube digestif, commence à se demander, vers les cinq mois, pourquoi le petit n'ait pas encore composé une symphonie, gagné l'or des 100 mètres aux Jeux Olympiques, et écrit la deuxième partie de l'Iliade, chose que la fille de son amie avait déjà fait à trois mois, pendant les récrés du cours de doctorat en Physique Théorique à Oxford ou aux Ecole des Mines.

PE-038-0216.jpgDans la sauvage compétition darwiniste de l'économie moderne, où bientôt seront nécessaires des diplômes, des masters et des doctorats rien que pour répondre au service assistance clients, «Bonsoir mon nom est Julie, en quoi puis-je vous aider?» et ce pour mille euro par mois, chaque parent veut que son rejeton, plutôt que de se tirer les orteils, emploie le temps libre à écouter Mozart, Einstein ou quelque sonnet de Shakespeare. Même l'utérus ne protège plus nos petits de l'anxiété. Chaque magasin américain de jouets et de produits prémaman offre des engins à piles, vaguement sinistres, à placer sur le ventre maternel pour que le bébé à l'intérieur commence à apprécier la Marche turque de Mozart et la parfaite diction de Sir Olivier lorsqu'il récite les auteurs élisabéthains, à peine commencent à pousser ses oreilles.

Dans beaucoup de nos maisons maintenant circulent au moins une douzaine de dvd de la série "Les petits Einsteins", étudiés pour chaque tranche d'âge. Beaucoup sont ceux qui attendent avec anxiété le dernier, celui pour les plus grands, dans l'espoir de réussir à comprendre finalement eux mêmes, ensemble avec leurs enfants et neveux de deux ou trois ans, ce que signifie cette équation E=mc2 qui, semble-t'il ait révolutionné la connaissance humaine, en laissant ma génération à l'âge de pierre dans laquelle le maximum de stimulation scientifique consistait à chercher à enfiler un doigt dans la prise de courant et mûrir une impérissable méfiance pour les électrons.

42-16281365.jpgJe comprends qu'Einstein est ici pour y rester et rien le délogera, même pas des nouvelles comme celle-ci, que j'ai lu avec horreur, en pensant à celle qu'Horace (le poète romain, et non pas le cousin de Clarabelle) appelait «le sort stérile des précoces». En écrivant ces lignes, il m'est venu à l'esprit un fait qui s'est produit en mars 2005, une nouvelle publiée par un quotidien Américain au sujet de Brandenn E. Bremmer, petit génie du Nebraska qui à 18 mois savait lire, à trois jouait du piano, à sept eût son diplôme de lycée, à neuf fréquentait le conservatoire de la Colorado State University à Fort Collins, à 11 enregistrait son premier cd, à 13 le produisit, y compris la graphique pour la couverture et à 14 s'est ôté la vie, en se tirant une balle dans la bouche avec le revolver du papa trouvé dans la maison, en laissant écrit que maintenant il lui semblait de ne plus rien avoir à faire dans la vie. Il ne reste plus que crier haut et fort: bas les pattes de nos enfants et neveux, Albert. Car il est toujours bien de rappeler que mieux vaut un enfant un peu fainéant, maladroit et pas vraiment un "génie" à l'école qu'un Mozart en miniature avec des envies suicidaires.

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Ecrit par: Luis Batista

 

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