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mercredi, 15 décembre 2010

Les jeunes: génération narcisse ou génération de peur?

42-17206405.jpgJeunes, certains de pouvoir tout avoir ou jeunes qui craignent de ne rien pouvoir s'attendre? Jeunes avec un brillant avenir ou jeunes sans un vrai avenir? Jeunes, très jeunes, enfants jusqu'à hier, et jusqu'à hier protégés par des parents souvent sujets à leur empire enfantin, gamins habitués aux désirs vides inculqués par le vide qui les entoure et tout de suite exaucé, même dans les familles les moins riches;  à cinq ans les chaussures griffées, à huit le portable, à dix le PC. Dans l'attente des justes années pour la moto, pour le Suv. Et à dix-huit ans la vie, la grande vie? 


42-16544586.jpgNon, c'est plus ou moins à cet âge que tout commence à devenir difficile, à ne plus dépendre des rêves ni de l'acquiescement et de la faiblesse des parents. Jour après jour s'éloigne non seulement la grande vie comme la raconte d'une stupide voix la sombre télévision dédiée au luxe des VIP modestes, mais également la vie simple, le plus réaliste, celle qui, en entrant dans la jeunesse raisonnable, la majeure partie s'attend. Un travail, une profession, un salaire, une autonomie économique de la famille et puis, qui sait, dans un futur encore loin, l'envie d'une compagne, d'un compagnon, d'une maison, d'enfants.

Jeunes sans plus d'illusions, du coup dépourvus d'assurance parce que les choses prétendues et obtenues, les objets rêvés et arrachés, la certitude d'être au centre du monde - jeunes donc patrons et tyrans - n'ont pas accompli de miracle.

 La vie est là, insidieuse, sourde et peut-être ennemie et ses portes qui semblaient grand ouvertes, se ferment peu à peu, inexorablement. Il y a ceux qui semblent anormaux par rapport aux enquêtes et aux sondages, parce qu'ils ne regardent pas la télé et aiment étudier, qui ne désirent pas de richesse et de luxe mais un avenir à l'université, enseigner, rechercher, étudier. Mais si jusqu'à il n'y a pas si longtemps, devenir chercheur, avec un salaire suffisant pour celui qui se fait durer toute une vie un blouson, il semblait facile, acquis, aujourd'hui c'est devenu impossible ou presque;  pour celui qui réussit, tous les autres doivent dépendre encore, à trente ans, des parents. Et si les parents ne peuvent pas ou les jeunes ne veulent pas? Ils doivent accepter un doctorat sans bourse d'études et se débrouiller en ramassant ci et là moins de mille euros par mois, juste afin de pouvoir continuer à travailler dans le monde universitaire.

 42-23588121.jpgEt ceux de l'happy hour dans la myriade des bars dans la ville, ou à cheval sur leur moto  devant ceux des petits centres, qui parlent foot et filles: s'ils ne rentrent pas dans un travail de famille, volontairement ou pas, le magasin, le laboratoire d'artisan, l'étude d'avocat, l'agence de publicité, que feront-ils le lendemain?

 Une myriade de travaux précaires et sans grand avenir comme le célèbre call center ou d'autres travaux qu'il fut un temps demandaient l'engagement et maintenant paient à la pièce, par dix ou vingt euros à la fois, bien différent des africains, ramasseurs de tomates. Il y est, le travail sûr, mais il est inaccessible, il se volatilise dès qu'il nous semble de l'avoir aperçu: non seulement ce que l'on désirait, mais aussi celui qui ne ferait pas le bonheur, qui ne permettrait ni carrière ni projets de vie.

42-20500693.jpgAlors à ce point, si tu es jeune et peut-être mignon mais même seulement parce que jeune, dans un monde où l'on continue à t'étourdir que ce qui compte c'est la jeunesse, qu'être jeune c'est tout, que tout tourne autour de ton adolescence prolongée, que l'industrie travaille seulement pour rendre plus brillantes tes petites années et les images qui t'entourent (télévision, publicité, mode, cinéma) t'emprisonnent en douceur, dans les sourires, dans la grâce d'autres jeunes;  si de ta tête et de tes idées et de tes études et de ton énergie et de tes aspirations et de ta constance les autres, les vieux sans image mais avec le pouvoir ne savent qu'en faire, alors pourquoi ne pas miser sur la chose unique que le marché est disposé à accepter de toi, ta belle image peut-être, peut-être pas, mais de toute façon jeune?

Il y a ceux qui y croient, et d'autres pas, mais dans tous les cas, on y croit de moins en moins, parce que maintenant même les téléréalités ne parient plus sur les inconnus mais sur les presque misérablement connus ou recommandés, de l'homme politique, du dirigeant, de l'amant qui a mis sur pied ce qu'on appelle grossièrement une "écurie" et offre le paquet complet, ses jeunes hommes avec une fausse fiancée en annexe. 

42-15245279.jpgSe photographier avec le portable est presque un jeu, une plaisanterie sans prétentions, envoyer une photo par e-mail ne coûte rien, on peut y faire une pensée sans trop y compter peut-être. De toute façon quand ils te répondent que tu serais un beau genre pour la publicité de slips ou pour un show comme le Big Brother où il est demandé que tu ne saches rien faire, tu laisses tomber: parce qu'entretemps tu as déjà trouvé un travail chez un carrossier ou tu as gagné un concours public. Et tu as arrêté de t'imaginer Narcisse, et la peur fait moins mal aussi.


Madonna Material girl

Ecrit par: Luis Batista

 

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