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mercredi, 22 décembre 2010

Le toast du pouvoir à la "Glaciale" Maison Blanche

5271828665_21e7150be2_o.jpgC'était la nuit de la paix sur Terre, à la Maison Blanche de 1978. À peine quatre mois avant, Jimmy Carter avait arraché le miracle de l'embrassade entre Begin et Sadat, entre l'Egypte et l'Israël, et dans la Salle bleue au rez-de-chaussée, les 550 lumières de l'arbre décoré personnellement par Rosalynn Carter jetaient des taches de lumière gaie jusque sur le portrait renfrogné de Benjamin Harrison, le premier Président qui fit un sapin de Noël à la Maison Blanche, en 1889. À l'étage supérieur le petit orchestre des Marines en uniforme de fêtes exécutait avec obstination martiale les lamentations de saison pour les hôtes au dîner. C'aurait été la crèche parfaite d'un "Power Christmas", d'un Noël des puissants avec des ministres, conseillers, dames bien insérées de l'High society et financiers, si ce n'était pour un détail. Il manquait justement l'homme le plus puissant du monde. 


122209-Christmas-tree_full_600.jpgLes hôtes regardaient nerveux Rosalynn qui souriait rassurante et faisait allusion à un "léger accident" survenu à son mari pendant qu'il montait l'escalier.

Ce qu'était le "léger accident", fut révélé inopinément quelques heures plus tard par le président égyptien Anwar Sadat, en expliquant au monde que "le cher Président américain, ami de la paix et de la nation égyptienne, a été frappé par une attaque d'hémorroïdes de laquelle nous prions le Miséricordieux pour qu'il l'apaise bientôt." La pensée, la préoccupation, la prière étaient bien intentionnés, mais pour toujours le Noël de la paix passa dans l'histoire comme le "Noël" des hémorroïdes.

Un fait que par la suite Carter lui même admit dans ses propres mémoires en ajoutant que les extincteurs pharmaceutiques avaient résolu la crise à l'hôpital et lui avaient permis de revenir à la Maison Blanche le jour suivant, le 25 décembre, pour fêter avec Rosalynn et sa fille Amy. "Ce fut le plus beau cadeau de Noël jamais reçu", écrira-t'il avec humour froid.

Carter était un homme malchanceux. Mais même sans varices humiliantes, les fêtes commandées de fin d'année à la Maison Blanche ne sont jamais un amusement, surtout pour les généraux, les First lady. Derrière ces photos officielles de dames ultra-chic (exclue Eleanor Roosevelt, qui apparaît toujours habillée comme une féministe à peine revenue d'une manifestation) de présidents joviaux et de bandes de marmots propres ou pris en prêt, "les Holidays at the White House" sont une opération paramilitaire qui commence bien avant que les spots n'attaquent nos télévisions avec des musettes, petites boules et offres spéciales.

bb80bfc4-8095-4f44-be0a-f862dad22cc0.grid-6x2.jpgPour Jacqueline Kennedy, qui considérait chaque événement public comme une première à la Scala, le choix de l'habit pour Noël et du menu pour Saint Silvestre (soupe vichyssoise obligatoire, pour donner cette touche française comme son nom de famille Bouvier) commençait en juillet, même si le destin voulut qu'elle ne passe que deux Noëls dans cette maison maudite, celui de 1961 et de 1962.

Pour l'ancienne locataire Madame Laura Bush, la décision sur l'architecture de l'immanquable gingerbread house, la maison de pain de gingembre décorée avec la neige de sucre glacé commençait en juin et la compilation de la liste des hôtes aux douze partys de Noël la tenait occupée depuis le mois d'août. Avoir quinze mille personnes en deux semaines chez soi, avec un seul hôte fixe, l'officier avec la valisette des codes nucléaires enchaînés au poignet n'est pas le paradigme de la tendresse familiale que le Noël voudrait.

Seul Ronald Reagan, à côté de sa Nancy drapée dans les habits d'occasion (toujours rouges, comme Jackie aussi) coupés en exclusivité par Oscar de le Renta et Alphonse de Beverly Hills, réussissait à feindre de s'amuser en dégainant le sourire de casting hollywoodien. Alors que Richard Nixon se faisait prendre en photo à côté de sa femme et ses deux filles Tricia et Julie, toujours avec l'air de celui qui aurait préféré une attaque d'hémorroïdes à ces cadres familiaux forcés. John Kennedy tenait les mains enfoncées obstinément dans les poches de la veste, devant le sapin de trois mètres et demi que la First Lady avait décoré en 1962 avec des rubans et coupures de papier envoyées par des enfants orphelins, en les accrochant personnellement, comme Reagan feignait de faire en se faisant photographier en pull-over western aux motifs équestres, comme si un président avait le temps d'accrocher cinq-cents pendentifs à l'arbre.

Mais le devoir c'est le devoir et une première famille à la Maison blanche est "toujours en service, même quand elle va faire pipi", comme disait Lyndon Johnson, en vérité en utilisant une expression plus piquante. "Nous ne sommes pas ici pour nous amuser", réprimandait Nixon aux jeunes assistants qui se présentaient le 31 décembre avec du fez en carton, confettis et petites trompettes en papier, dans l'espoir qu'au moins la récurrence l'adoucisse. Depuis que la célébration de la conventionnelle Nativité de Jésus est devenue un show obligatoire, tous les ans se complique et se fait plus difficile, patinant sur la mince glace du political correctness et de la séparation entre État et Église. 

WH Natl Tree Dec 2010.jpgBanni depuis longtemps le Joyeux Noël, trop chrétien, délaissé aussi le plus vague Happy Holidays, parce que holiday signifie quand même "saint jour", même les plus fiers croisés comme Bush ont dû recourir au pirandellien Season Greetings, "vœux de saison", et que chacun les lise comme il lui semble. Il y n'a pas crèches, par conséquence, seulement l'arbre national, le sapin-totem que chaque président doit allumer sur la place publique au-delà du jardin, depuis que Franklyn Delano Roosevelt le fit en 1941 pour soulever le moral d'une nation qui peu de semaines auparavant avait reçu le terrible coup de Pearl Harbor.

Seuls les enfants réussissent naturellement à sauver les saintes ou fêtes laïques du Seigneur américain. C'étaient eux, John John et Caroline, qui donnaient au Noël des Kennedy, presque trop chic et en pose, cette touche de spontanéité et de tendresse domestique qui fait, justement, Noël. La mystique kennedyenne explosait en plein grâce à eux, quand à John John et à Caroline le père Noël ramena en cadeau un traîneau et complice le temps qui transforma le jardin de la Maison Blanche en une séquence de Zivago, les deux enfants s'amusèrent à se faire traîner sur la neige par le cheval de la mère, Macaroni. Le Noël suivant ils l'auraient passé en orphelins, alors que le successeur du papa, Lyndon Johnson envoyait des vœux de Noël listés de noir, premier et unique dans l'histoire américaine, pour afficher le propre deuil public.

Pour se sauver, pour se recouper une braise de chaleur familiale, on doit s'échapper de cette Maison Glaciale. Truman retournait à Kansas City, d'où il était parti comme vendeur de vêtements, et réunissait à l'hôtel les vieux amis en chantant des ballades accompagné par sa femme au piano.

Les Clinton volaient au Camp David, dans le refuge alpin de l'aigle américain, au Maryland. Carter courait à Plains, son Bethléem en Géorgie, pour goûter le gâteau à la citrouille et cacahouètes préparée par la maman Lilian. Kennedy revenait naturellement dans le temple familial à Hyannisport.

5267451578_ebb71e6d00_o.jpgCette année aussi - le 2010 des incessantes et continues crises économiques et sociales américaines de l'époque post Bush - à la Maison Blanche c'est déjà Noël. La nouvelle locataire Michelle Obama s'est occupée personnellement des décorations de Noël: arbres dans chaque pièce (et dans les couloirs), crèches, guirlandes… Même dans la pièce ovale et dans la salle des présidents il y a un sapin décoré. Avec des décorations faites par les filles Sasha et Malia, parmi lesquelles un curieux astronaute avec le visage du papa et Président Barack. Et la crèche ne pouvait pas non plus manquer. Et, non contente, elle a aussi invité quelques amies des filles à préparer les gâteaux de Noël. De grands changements dans la vieille maison espérons - positifs. 

Mais comment ne pas se rappeler quand Bush se cachait dans le ranch texan de Crawford depuis lequel il feignait d'envoyer les billets de vœux qui portaient tous le timbre du bureau postal de la ville. Aussi, quand en 2007, il a ramené de Washington la peine de l'Iraq et de cette mystérieuse "nouvelle stratégie pour la victoire" qui aurait été révélé aux Américains et au monde - en janvier. Cette année là, l'épouse Laura Bush a convaincu aussi ses filles, les jumelles, à y être "parce que papa est un peu secoué par la sale histoire politique et militaire et il a besoin de chaleur avant de retourner dans le gel de la capitale", où désormais il résidait en étranger. L'ancien-président américain aurait probablement préféré à cet instant un Nouvel an avec les hémorroïdes, plutôt qu'avec l'Iraq. 


Obama accende le luci del "National Christmas Tree"
Caricato da LuisB

Ecrit par: Luis Batista

 

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19:44 Écrit par LuisB dans Culture, Loisirs, Opinion, Paix, Video, Vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : maison blanche, noël, président américain, white house, histoire américaine, michelle obama, video | |  Facebook | | | | Pin it! |

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