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mercredi, 12 janvier 2011

Comment construit-on une vérité «fictive»

14346.jpgDepuis toujours, le pouvoir entretient avec la vérité et avec son contraire un rapport difficile. Le pouvoir se cache, ment et falsifie pour se conserver et grandir. C'est aussi pour chercher à dénouer ce nœud, qu'est née la démocratie: avec les gouvernants finalement à la lumière du jour, visibles au centre de la place - et non plus dans l'ombre des palais ou des temples - sous le regard vigilant du peuple réuni en assemblée, auquel on n'aurait rien pu cacher.


450974588_e88b07c48b_b.jpgLe pouvoir est pour sa nature asymétrique: son exercice suspend l'égalité,  et produit à sa place un déséquilibre, un déniveau, un plus et un moins. Cette dissymétrie est inéliminable, et est comme la force de gravité qui courbe l'espace autour de soi: elle distord tout ce qui l'entoure rapports sociaux, discours, comportements. Et tout comme la gravité, elle distord aussi la lumière, qui glisse et dévie - absorbée, réfléchie, refaite – changeant sa rectilinéaire originale en un jeu trompeur d'obscurité, de duperies et de mystères: l'irrésistible secret du pouvoir, qui aime se cacher et se dissimuler: ceci est sa vérité - les «mystérieux empires», disaient les Romains, qui s'y connaissaient.

Les démocraties modernes ont construit dans le temps des dispositifs efficaces pour réduire les risques cette inéliminable dérive. Ils tournent autour de deux axes fondamentaux. D'un coté, la liberté de la connaissance, la diffusion de l'information, le développement sans limites de la capacité critique de la pensée et des opinions: l'installation illuministique, en somme. De l'autre, la soumission du pouvoir à la loi et à la règle juridique - constitutionalisme grec et droit romain - pour se serrer dans un réseau aux mailles toujours plus étroites, dont il était impossible d'échapper, et qui réussirait à contenir son exercice sans jamais le transformer dans son abus: c'est-à-dire que la dissymétrie devenait arbitre.

Ainsi s'est ouvert une partie compliquée, et des résultats pas du tout escomptés, dont les mouvements ont rempli le temps de notre modernité. Les victoires, sont toujours provisoires. Les défaites, ruineuses et porteuses de malchances.

C'est pour pouvoir se changer en abus, que le pouvoir ment: pour mieux dire, il produit son propre régime de vérité, qui n'hésite pas à recourir à la plus brutale falsification des faits pour s'imposer, et devenir dominant.

27064.jpgL'histoire des années neuf cents est pleine de grands mensonges produits des pouvoirs qui s'étaient totalement transformés en abus monstrueux: le mensonge des races pour ouvrir la route à l'extermination; le mensonge de l'Italie comme puissance militaire et impériale, pour construire au fascisme un consentement de masse; le mensonge social soviétique, pour pouvoir substituer l'irréalisation du communisme avec un régime inepte et despotique; la «construction» sur mesure de nouvelles et de scénarios ad hoc défavorables de la part du gouvernement fasciste du Portugal et du nationaliste français, de manière à soutenir des politiques  nationales populistes et rêves de puissance internationales dans leurs ex colonies en Afrique.

A côté de ces mensonges que j'appellerai «de système»,  existent ensuite les mensonges et les falsifications «locales», d'occasion, mais pas moins polluantes et dangereuses, qui n'excluent pas à première vue la démocratie - comme les autres - mais au contraire semblent pouvoir cohabiter avec elle, et se présenter seulement comme ses petits ajustements. Elles sont par contre des toxines mortelles: à ne pas les combattre, on en reste paralysé.

Mensonges pour couvrir les abus, et qui en produisent d'autres: dans une spirale perverse et incessante. Jusqu'au court circuit conclusif: «ne lisez pas les journaux» (comme l'a dit récemment le Premier ministre italien Silvio Berlusconi) - tous les journaux, de l'italien Corriere della Sera à l'américain New York Times en passant par Le Figaro: le mensonge ne pouvant pas avoir raison de la réalité, détruit au moins le miroir, pour ne pas se voir dedans.


Come sei veramente - Giovanni Allevi
 

Ecrit par: Luis Batista

 

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