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mercredi, 09 février 2011

Qatar: en poursuivant un rêve

qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoAu Souk Waqif, le marché de Doha, trouver un souvenir de l'émirat est une emprise impossible. Des marchands aux traits asiatiques offrent djellaba et céramiques arrivéesdirectement de la Jordanie. Les plus raffinés exposent des boîtes et chaises nacrées: «Made in Syrie», admet le vendeur indien avec un sourire. A quelques pas de sa boutique, un serveur népalais offre un expresso «à l'italienne»: le restaurant est de propriété libanaise. De qatarien, dans les parages, il n'y en a même pas ombre. Souk Waqif est l'ancien cœur de Doha. Si avec «ancien» on accepte la définition locale. Le vieux marché de la ville, où jusqu'à il y cinquante ans les bédouins venaient échanger des marchandises et acheter des produits introuvables dans le désert, il y a quelques années de cela il a été démoli puis reconstruit complètement.


qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoAujourd'hui, avec ses coûteux restaurants et magasins, il est le centre de la vie nocturne de la ville: d'ici, assis dans un bar, on peut admirer les lumières des palais et des chantiers qui ont l'ambition de transformer Doha du carton de sable qu'il était il y a vingt ans en un point de référence de la vie culturelle mondiale. À première vue, le scénario nocturne rappelle celui de Dubaï: la corniche en face de la mer, gratte-ciels immenses à l'horizon, maisons de luxe, routes énormes où filent à toute vitesse les machines les plus rapides qu'il y ait sur le marché. Parmi les nouvelles constructions, étendues de sable: le désert, le néant. Un souvenir du passé qui disparait rapidement. Derrière la transformation radicale du paysage du Qatar et de sa capitale, comme dans les Emirats Arabes Unis, il y a le rêve d'un visionnaire: pour Dubaï et Abu Dhabi ce fut Zayed bin Sultan al Nahayan, mort en 2004, à Doha il s'agit au contraire du cheik Hamad bin Khalifa al-Thani, monté au pouvoir en '95 après avoir déplacé son père avec un coup d'État exsangue.

qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoSa personnalité et ses rêves sont la clé qui explique pourquoi les similitudes entre Dubaï et Doha s'arrêtent à la superficie. Et pourquoi la crise économique ne mette pas ce petit émirat à genou - extension totale identique à la moitié de la Sicile et portion habitée beaucoup plus moindre - comme il arrive par contre à Dubaï et dans le reste des Emirats Arabes Unis. Si Dubaï est né et s'est développé grâce aux capitaux de la spéculation financière, à l'argent du pétrole, à la volonté des riches et puissants arabes de créer un coin de transgression dans la région qui faisait concurrence à l'instable Beirut, Doha n'est rien d'autre que la projection des ambitions d'un homme, le Sheik al-Thani, qui, il y a quelques années s'est retrouvé assis sur d'immenses gisements naturels (de pétrole, mais surtout de gaz) et avec l'immense richesse cumulée - selon la revue Forbes il est le septième homme plus riche au monde: sa fortune personnelle est estimée à plus que deux milliards de dollars et le PIB par tête des qatariens est, pour le Fond monétaire international, le plus élevé au monde - a décidé de transformer une nation de bédouins en une puissance régionale, avec tous ses symboles.

qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoEn quelques années, à Doha, se sont levés ou se lèvent le premier musée d'Art islamique du monde arabe, une Académie d'études islamiques, le plus important Convention center de l'aire, des centres sportifs et scientifiques d'avant-garde et l'Education city, une cathédrale de l'instruction qui, pour taille et structure, a peu à envier aux campus américains. Outre aux hôtels cinq étoiles et aux maisons de luxe meublées exclusivement made in Italy. Cela ne suffit pas: la famille régnante est la force motrice qui est derrière des initiatives comme la télévision Al Jazeera, née en '96, la plus grande église chrétienne du Golfe - inaugurée il y a seulement quelques mois de cela toujours à Doha - et la fondation de l'Orchestre symphonique du Qatar, un complexe international de musiciens qui compte, parmi ses directeurs, des stars comme Lorin Maazel et Marcel Khalifa.   

qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoSi, jusqu'à l'arrivée de la crise, Dubaï visait tout sur le tourisme de masse et Abu Dhabi avait parié de devenir un pole touristique et culturel, Doha, dans les mots de ses gouverneurs, a une autre ambition: refléter la politique de puissance régionale du Qatar et être la base d'un nouveau modèle de développement pour le monde arabe, centré sur éducation et connaissance. Dans les dernières années le petit émirat s'est distinct comme étant la plus formidable force diplomatique de la région: en séparant, non sans irritation de leur part, égyptiens et saoudites - les traditionnels médiateurs de l'aire - les diplomatiques qatariens guidés par le Ministre des affaires étrangères Hamad bin Jassim bin Jaber al-Thani ont réussi, en 2008, à mettre en accord les factions libanaises lorsqu'elles étaient sur le bord de la guerre civile. Et plus encore, ils ont su réunir autour d'une table les représentants de Hamas et ceux de Fatah. Et porter le président iranien Ahmadinejad au même sommet avec les leaders de l'Arabie saoudite.

Se taillant un rôle d'interlocuteurs dans des conflits gangrènes dans les ans comme celui entre le Maroc et le peuple saharawi et ce qui oppose les tribus yéménites au gouvernement central. En faisant ceci, le Qatar s'est révélé maître de la capacité de jouer sur plusieurs tables: hébergeant la plus importante base américaine du Golfe mais aussi, dans la même période, la veuve de Saddam Hussein. En entretenant des relations commerciales avec Israël et en offrant un jet privé au président syrien Bashar al Assad. En donnant asile à des islamistes radicaux mais en prêchant l'importance d'un islam modéré et ouvert au rôle des femmes. En défendant son propre soutien à Hamas pendant la guerre de Gaza contre tous les autres pays arabes - Egypte en premier lieu - qui maintenaient une position ambiguë, en espérant que l'offensive israélienne les libère de l'inconfortable mouvement extrémiste palestinien.

qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoMais peut-être, encore plus que la diplomatie, c'est l'éducation et la culture le vrai point fort du cheik al-Thani. Celui qui, dans sa vision, devra définir son image pour les descendants. «Pétrole et gaz finiront un jour. Et je veux que les gens du Qatar apprennent à vivre une vie réconfortante même lorsqu'il n'y en aura plus. C'est mon défi», a dit dans une interview à l'hebdomadaire américain Time. Dans les coulisses de cette idée il y a, soutiennent les observatoires, une femme très belle, qui met des diamants avec la même insouciance avec laquelle d'autres portent un sac à main. Présidente de la Qatar foundation for education, science and community development - la plus importante institution culturelle du pays - la Sheikha Mozah bint Nasser al Missned, troisième femme d'al-Thani et mère des plus en vue parmi les princes et princesses, est le moteur des plus importantes initiatives du Qatar. Fille de l'opposant réformiste Nasser Al Missned, elle aurait épousé le prince Hamad dans le cadre d'un compromis qui scellerait la réconciliation de son père avec le souverain du Qatar. Elle a grandi et fut éduquée dans le cosmopolite Caire des années '60 est 70, Mozah, dont l'âge est indéfinissable est le visage du Qatar à l'étranger: grande, très élégante, altère, cheveux noués en turbans raffinés mais jamais couverts du voile, elle est une présence constante en Europe, aux défilés de Paris ainsi qu'aux premières de la Scala à Milan.

qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoSon mari lui a confié la tâche de transformer sa vision en réalité. La sheikha et sa fondation sont à la base du projet d'Education city, qui a porté au Qatar les meilleures universités américaines et a fait du campus en plein désert le lieu le plus le plus en vue chez les jeunes moyen-orientaux qui visent à l'instruction. «L'éducation est notre clé pour le futur. Nous pointons tout sur l'éducation. Pour nos enfants», disait-elle il y a quelques années à Doha, pendant une rencontre dans le bureau de sa fondation à la périphérie de la ville. Des mots importants, surtout si à les prononcer est une femme dans une région cruciale pour le futur comme le Golfe. Des mots qui ont aidé Mozah à conquérir les medias occidentaux mais qui, avertissent ceux qui vivent au Qatar depuis des années, sont seulement un aspect de la société qatarienne.

qatar,emirats arabes unis,rêve,éducation,démocratie,social,politique,droits de l'homme,vidéoQui pour un étranger est impénétrable: du million de personnes qui résident dans le pays, seulement 200 milles y habitent. Les autres, les étrangers, se divisent entre hommes d'affaires chargés de gérer le bien-être et d'en garantir l'augmentation, et les esclaves pakistanais, népalais ou indiens qui, au Qatar comme à Dubaï, sont la face plus invisible du développement. Aux deux, l'accès au cœur de la société locale est absolument défendu. Malgré les apparences ici il n'y a pas une société mixte, mais des secteurs bien fermés, les travailleurs étrangers qui arrivent du Pakistan ou du Népal sont exploités comme à Dubaï: ce n'est pas différent. Les autres peuvent jouir de l'argent, mais ne peuvent pas avoir accès au pouvoir. Ni le critiquer. Les qatariens ont signé un pacte avec le diable: richesse et bien-être en échange d'aucune critique à la famille régnante. Et puis il y a d'autres problèmes: la consommation de drogues augmente et croît le nombre de ceux  qui, dans les mosquées, prédisent un retour à l'islam plus pur et radical». L'émir al-Thani réussira-t'il à tout tenir sous contrôle? Jusqu'à présent il a été un maître, mais prédire le futur dans la splendeur des lumières de Doha est un art difficile.


Per le strade di Doha
Caricato da LuisB

Ecrit par: Luis Batista

 

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