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mercredi, 11 mai 2011

Le danger imminent du néopopulisme et les erreurs de l'Europe

démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéLorsque Barack Hussein Obama gagna les élections présidentielles des Etats unis, en 2008, beaucoup étaient convaincus qu'une grande transformation globale était possible, qu'avec lui nous aurions commencé à comprendre mieux, et à affronter, un malaise des démocraties qui n'est pas seulement économique. La conviction était forte en Amérique et en Europe, dans les partis de gauche et dans de nombreux partis libéraux. La crise financière commencée en 2007 semblait avoir ouvert les yeux, les préparant à reconnaître la vérité: le capitalisme n'échouait pas. Mais un scandaleux déséquilibre fut crée le long des décennies entre l'État et le marché. Le premier s'était resserré, le second s'était dilaté dans la plus chaotique et inique des façons. L'État en sortait cassé, discrédité: à reconstruire, comme après une guerre mondiale.


démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéLes mots de Barack Obama sur la cohabitation entre cultures et sur la réforme sanitaire annonçaient vraiment ceci: le retour de l'État, dans la qualité de réordonnateur d'un marché devenu fou, de garant d'un bien public menacé d'intérêts privés longuement adonnés à la culture de l'illégalité. Ce n'était pas une opinion mais un fait: sans l'intervention des Etats, les économies occidentales seraient précipitées. Une économie non gouvernée n'est pas en mesure de préserver l'État social en le réajustant, de tenir debout l'idée d'un bien public qui taxe les citoyens en échange d'écoles, d'hôpitaux, de transports, d'eau, d'air propre, de retraites pour tous.

 Ce qui arrive aujourd'hui ne dément pas les faits. Il les cache, les nie, avec le résultat que les citoyens se sentent abandonnés, incrédules, assoiffés d'autorités qui simplifient les choses avec le pouvoir de la honte. Intervenant pour assainir le marché, États et gouvernements ont adopté des mesures peut-être correctes mais ils ont manqué le moment de vérité, avec le consentement des oppositions. Ils ont manqué de dire que nous ne retournerons pas au monde d'hier, et que les efforts faits aujourd'hui donneront des fruits lentement, parce que lente et longue a été la maladie capitaliste. D'ici l'envahissement de populisme de droite, en Europe et en Amérique, et la force hypnotique qu'ils exercent sur les opinions publiques.

démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéAvant même que la crise financière devienne visible l'Italie niait les faits, avec Silvio Berlusconi et la Lega Nord. L'Italie a été le laboratoire de forces qui partout, aujourd'hui, sont en ascension: en Belgique les Vlaams Belang (Intérêt flamand), en Hollande le parti Partij voor de Vrijheid, PVV, anti-islamique de Geert Wilders, en Hongrie le Fidesz (Fiatal Demokraták Szövetsége), en France le Front National de Marine Le Pen, en Finlande le Perussuomalaiset (Vrais Finlandais) guidés par Timo Soini.

Le refus de l'étranger, la désignation de l'Islam comme bouc émissaire, la fermeture des frontières mentales avant les géographiques: les populismes d'aujourd'hui se reconnaissent dans tout ceci mais la xénophobie n'est pas tout, elle n'explique pas la nature profonde de leur séduction. À l'origine il y a une volonté répétitive, systématique, de ne pas savoir, de ne pas voir la Grande Transformation dans laquelle nous entrons de toute façon. Il y a une stratégie de l'ignorance, un désir d'arrêter le temps: l'appel populiste des résultats à partir d'un faisceau de l'ignorance: ignorance de la Constitution, ignorance des bénéfices qui naissent de l'union en syndicats, ignorance de la science dans le monde moderne, ignorance de sa propre ignorance.

démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéLe vrai ennemi des nouveaux populismes est la démocratie parlementaire, avec son État social et sa presse indépendante. D'ici les insuffisantes mais efficaces offensives antiétatiques contre Obama, dès l'instant précis où l'économie a le plus de besoin de l'État. D'ici la gêne diffuse pour la presse indépendante, lorsque des habitants responsables seraient nécessaires, donc bien informés. À tout ceux-ci les populistes offrent des illusions, c'est-à-dire le poison même qui il y a quatre ans de cela engendra la crise. On rend la drogue aux drogués. Qu'est-ce que d'ailleurs l'illusion, si non un jeu (un ludus) qui dissout la réalité dans les blagues déplacées distillées quotidiennement par le chef ? Qu'est-ce que la gêne pour la presse indépendante, si non une stratégie qui met à zéro la connaissance des faits?

Mieux une blague par le puissant qu'une vraie nouvelle sur le puissant. L'Italie est à l'avant-garde même dans ce champ: la concentration de l'information télévisée dans les mains d'un seul est un moyen de l'ignorance militante, et distrayante. En Hongrie la haine pour la presse imprègne le parti du Premier ministre Viktor Orbán: les nouvelles lois lancées par le gouvernement prévoient une autorité de contrôle sur les moyens de communication, composée de cinq exposants nommés par le parti de majorité. Il revient à l'autorité de vérifier si la presse «est équilibrée et objective», de décider des amendes ou fermetures de journaux ou programmes tv, d'imposer aux journalistes la révélation des sources si «la sûreté nationale et l'ordre public» sont en jeu.

démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéMême l'étranger comme bouc émissaire est un jeu d'illusion, féroce, avec la réalité multiethnique dans laquelle nous vivons déjà depuis longtemps. Le phénomène n'est pas nouveau. Dans les années '20- '30, l'Allemagne pré-nazie exalta le Blut und Boden, le sang et la terre, comme source de légitimation politique bien plus de forte que la démocratie. Aujourd'hui le slogan s'est embelli - on parle d'enracinement territorial, devant une gauche intimidée et applaudie - mais la substance ne change pas. La soif ardue de racines, encore une fois, empêche l'homme de marcher et de regarder au-delà de sa propre personne, sa propre barrière. Consanguinité et territoire deviennent sources de légitimation plus fortes que la Résistance.

Helsinki voleuse, Rome voleuse, Paris voleuse, Washington voleuse: on comprend de ce slogan (le même en Finlande, Italie, Amérique) comme l'antiétatisme soit central. Comment la xénophobie soit le symptôme plus que la cause du mal. En voyant que la crise persiste, les populations ont commencé à nourrir une aversion radicale vers l'idée même d'un espace public où la collectivité, en se taxant, défend les plus faibles, les plus exposés. Les populistes ne craignent jamais de se contredire, au contraire. D'un seul souffle se disent antiétatistes et promettent un État de receveurs, tuteur de l'ethnie pure, normalisateur des consciences et des connaissances.

démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéLes sondages sur le succès de la Tea Party, le mouvement néolibéraliste Usa, le confirment. Le ressort décisif n'est pas le racisme: c'est le rejet de la réforme sanitaire d'Obama, du principe de l'éthique publique. L'éthique publique met tout le monde devant la même loi, pour qu'aucun intérêt privé ne prévale. L'État éthique des populistes impose la volonté du plus fort: Église, lobby, ethnie. Ils l'appellent valeur suprême, non négociable. En réalité c'est de la volonté pure: suprême volonté de puissance.

Pourquoi les choses ont-elles été ainsi? Pourquoi Obama peut-il perdre les élections? En partie parce que les gouvernements ont sous-estimé l'énorme force de la rancune. En partie parce qu'ils n'ont pas expliqué ce que signifie, dans le monde globalisé, sauver le bien public. Mais c'est surtout la vérité qui a manqué: cela fait quatre ans qu'ils décrivent la crise comme surmontable rapidement, le temps d'arriver aux prochaines élections. Obama lui même a omis d'expliquer dans sa longue durée: comment quelque chose qui transformera les sociétés sénescentes occidentales, qui les obligera à croître moins et à intégrer de jeunes immigrés, s'ils ne voudront pas décharger les vieux comme le vieux chef de famille sur le fauteuil roulant que les nazis jettent par la fenêtre dans "le Pianiste de Polanski". Par peur électorale les gouvernants cachent la vérité, et maintenant en payent le prix.

démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéL'Europe aussi a sa part de fautes. Elle aurait les moyens: elle peut employer l'article 7 du Traité de Lisbonne, contre les infractions antidémocratiques en France, Italie ou Hongrie. Elle pourrait construire une politique de l'immigration, vu qu'elle en a maintenant la compétence. Si elle ne le fait pas, c'est parce qu'elle ne regarde pas à autre chose qu'aux indices économiques. Parce qu'elle est indifférente à la morale publique. Parce que quand elle exerce un pouvoir, elle s'en repentit tout de suite. Parce qu'elle oublie qu'elle même est née dans la Résistance.

Du moment où sa source de légitimation politique est usurpée (à la place de la Résistance: l'enracinement territorial) l'Europe devient muette. Elle a honte même des choses qu'elle a bien fait: du comportement qu'elle eut en 2000, par exemple, lorsque le néofascistes de Haider devinrent déterminants dans les élections autrichiennes de '99. Les erreurs ne manquaient pas: trop tôt on employa la dernière arme des sanctions, vite abandonnées. Mais même si de façon désordonnée, l'Union réagit tout de même, elle se hissa. L'Autriche fut forcée à rouvrir des blessures tenues cachées, à discuter de fautes toujours niées, et sa face changea. Si l'Union est ainsi antipathique aux populismes cela signifie qu'elle pourrait faire beaucoup plus, si seulement elle le voulait.

démocratie,néopopulisme,europe,tea party,barack obama,politique,union européenne,droit,solidaritéEcrit par: Luis Batista

 

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