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mercredi, 25 janvier 2012

Le rituel des excuses: une imposition Américaine

etats unis, bill clinton, scandale lewinsky, loi de reagan, repentiment, autohumiliation, hypocrisie, politique, opinion, video   Le maître indiscutable de l'autoindulgence et du repentiment, est conféré et bien mérité à celui que les amis et les compatriotes appellent «Bubba», ou bien le 42º président des Etats Unis d'Amérique, Bill Clinton et mari de la first lady Hillary Clinton. La façon qu'il avait d'embuer la voix, de plier la tête, et de se mordiller la lèvre inférieure lorsque il était pris sur le fait, et de murmurer la tant étudiée formule de l'«I am sorry», je suis désolé, même devant des dizaines de journalistes et aux caméras des émetteurs télévisés en première soirée, aucun leader politique avant ou après il lui ne l'a su faire. Et le scandale Lewinsky le prouve pleinement. Le fait d'être un flemmard de mari l'aidait naturellement, mais l'excellent président d'une Amérique qui ces années là se présentait grasse et aisée, l'aidait beaucoup.


etats unis, bill clinton, scandale lewinsky, loi de reagan, repentiment, autohumiliation, hypocrisie, politique, opinion, video   Mais le jeunot né et grandi en Arkansas où il est élu pour la première fois gouverneur du même état en 1979, et président de la nation en charge de 1993 à 2001 avec le parti démocratique, avait compris, et interprété, un aspect fondamental de notre ère où maintenant, inextricablement, public et privé tiennent toujours davantage à s'amalgamer: le moment de l'autohumiliation et de l'aveu public - encore mieux si en mondovision -, est le passage indispensable vers une possible résurrection civile. Un acte de contrition nécessaire, et pas toujours suffisante, pour la réadmission dans les bonnes grâces du public, des spectateurs ou en particulier des électeurs. Si la faute est trop grave, comme ce fut le cas de John Kerry, sénateur pour Massachusetts et candidat démocratique aux présidentielles de novembre 2004 à la Maison Blanche, lorsque il dit publiquement que «si vous n'étudiez pas et vous ne vous appliquez pas, vous finirez par combattre en Iraq», ou du candidat, toujours démocratique, aux présidentielles de 1988 Gary Hart, photographié en bateau avec l'amie mannequin Donna Rice sur ses genoux, aucune demande de pardon ou précision successive ne peut sauver le réprouvé.

etats unis, bill clinton, scandale lewinsky, loi de reagan, repentiment, autohumiliation, hypocrisie, politique, opinion, video   Quelqu'un réussit à s'en tirer avec un sourire, comme le 40º président des Etats Unis d'Amérique, en charge de 1981 à 1989 le politicien et acteur Ronald Reagan surpris du Congrès à violer la loi lorsqu'il arma et finança le «Contras», groupes armés contrerévolutionnaires nés en Nicaragua pour combattre le gouvernement sandiniste qui en 1979, après avoir renversé la dictature d'Anastasio Somoza Debayle, en attribuant sa légèreté à l'âge avancé, mais le rite des excuses est indispensable pour celui qui cultive encore des ambitions politiques. Les arrogantes étoiles de Hollywood, comme l'acteur britannique Hugh Grant arrêté le 27 juin 1995 à Los Angeles, doivent se repentir publiquement, pour attentat à la pudeur en public parce qu'il fut surpris en voiture avec une prostituée le long de Sunset Boulevard. S'ils ne le font pas, ils sont brûlés dans le bûcher médiatique, comme s'est arrivé à Charlie Sheen, en décembre 2009, qui fut arrêté à Aspen, dans le Colorado, coupable de divers excès de violence domestique, et successivement rayé des écrans de télévision.

etats unis, bill clinton, scandale lewinsky, loi de reagan, repentiment, autohumiliation, hypocrisie, politique, opinion, video   Pour les gens du spectacle le tribunal sans appel du repentiment sont les sponsors et les annonceurs publicitaires qui ne veulent pas associer leur produit avec un pécheur endurci.

Pour les politiciens le plus grand juge et le jury sont les financiateurs de leurs campagnes. Le président rampant de la Chambre Newt Gingrich, dirigeant national du parti républicain et grand prêtre des «valeurs» piétinées par Clinton dans les années 90, fut détruit par la découverte de sa propre infidélité conjugale pendant que sa femme languissait à l'hôpital. Il ne fut jamais pardonné.

Même le prédicateur Jerry Falwell, qui avait fait appel aux sentiments plus bas des propres fidèles en attribuant aux «péchés», surtout homosexuels, de New Orleans l'ouragan Katrina dut s'incliner, pour ne pas perdre le propre suivi. Ou son affirmation rendue célèbre et qui fit beaucoup de bruit: «Les faits de l'11 septembre 2001 sont une punition que Dieu a donné aux USA pour punir l'homosexualité envahissante dans le pays». Même cette fois là il dût payer de pénitence…

Le rite du repentiment public est nécessaire dans les cultures qui ne se contentent pas de la contrition privée dans un confessionnel.

etats unis, bill clinton, scandale lewinsky, loi de reagan, repentiment, autohumiliation, hypocrisie, politique, opinion, video   Puisque l'offense infligée à la nation est publique, la contrition doit l'être aussi. C'est le prix que l'hypocrite pris en flagrant délit paye à son hypocrisie. Aucune excuse ne fut demandée au très puissant député de Boston, Barney Frank, lorsque fut révélée sa cohabitation avec un prostitué: son homosexualité était connue et publique. Il fut réélu. Mais le refus d'accepter en plein la responsabilité de la mort de Mary Jo Kopechne, la secrétaire noyée à Chappaquiddick, pesa pour toute la vie sur Ted Kennedy - catholique - lui coupant les aspirations politiques.

Justement parce que la souvent poignante admission, presque toujours à côté d'une femme stupéfaite, comme ce fut le cas pour le gouverneur du New Jersey démasqué comme gay qui avait assumé l'amant aux frais du trésor public, se produisit publiquement, les excuses doivent être crédibles, pas formelles et apparaître sincères, pour que bondisse l'immortelle «loi de Reagan» que le Président énonça pour un jeune député néo élu: «Fils - il dit - en politique la sincérité c'est tout. Si tu réussis à faire semblant d'être sincère, c'est gagné». Un rite, qui comme tous les rites est la fondation de l'identité sociale. Et ce n'est pas dit que cela arrive seulement aux Etats Unis… 

Ecrit par: Luis Batista
 
 

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