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mercredi, 12 septembre 2012

La fragilité du règne des glaces

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésLe dernier signe d'alarme rouge en termes de catastrophe ambiante est arrivé du Groenland, la «Terre verte» et la synthèse est représentée par deux photos satellitaires de la Nasa, l'Organisme National pour les activités Spatiales et Aéronautiques des États-Unis d'Amérique, qui effraient non seulement dans la communauté scientifique mais aussi parmi le peuple. La première photo a été prise le 8 Juillet 2012 et montre 40% de la superficie des glaces attaquée par le dégèlement. La deuxième est du 12 Juillet: en quatre jours le procès de fusion est arrivé à cote 97%. Un record, vu que le pourcentage le plus haut enregistré dans les derniers 30 ans était de 55%. Mais ce n'est pas un record isolé. Pour l'instant la chaleur a attaqué seulement la superficie des trois kilomètres de manteau de glace qui couvrent l'île.

La tendance, cependant, est alarmante: en 1996 le Groenland perdait 90 kilomètres cubes de glace par an, en 2000 le flux était monté à 140, en 2008 on est arrivé à 220 kilomètres cubes. Si le rythme devait accélérer, à long terme on arriverait à un collapsus total qui ferait finir en mer une quantité d'eau en mesure de faire augmenter les océans d'environ de six mètres.


environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésC'est toute la cryosphère, le règne du froid, à craquer sous le souffle brûlant du changement climatique amorcé par l'augmentation de concentration de gaz serre dans l'atmosphère. Dans les Alpes, entre 1850 et 1980, ont fondu 40% des glaciers, et entre 1980 et 2000 en sont disparus d'autres 20%. Sur l'Himalaya fond un bouclier de glace haut des centaines de mètres: dans le dernier siècle il a subi une diminution de 5-10% de sa superficie, et il faut s'attendre à un processus analogue de fusion dans l'arc des 30-40 prochaines années.

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésL'agression de chaleur a rejoint même les pôles. La température de la mer Arctique croît à une vitesse plus que double par rapport à l'augmentation moyenne globale déjà considérable. Et l'impact résulte dévastateur. L'ours polaire ou l'ours blanc (Ursus maritimus) qui va à la dérive piégé sur un petit radeau de glace devient une coutume, et il s'agit d'une image évocatrice qui sert à donner l'idée de la "global warming" dans les milieux extrêmes. Mais la menace nous investit directement. Depuis 1979, année où les satellites ont commencé à tenir la zone arctique sous observation attentive, s'est enregistré un recul des glaces de 12% par décennie, avec une accélération depuis quelques années.

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésAinsi la partie de pack survivant se trouve exposée à des majeures sollicitations, et le résultat est que la superficie couverte de glaces épaisses et consolidées est aujourd'hui du 60% inférieur à celle de 1981. En septembre 2007 la calotte arctique s'était déjà réduite d'un million de milles carrés en dessous de la moyenne de la période 1979-2000. Et en 2008 le mythique passage de Nord Ouest était libre.

Au long des siècles beaucoup sont ceux, qui ont cherché de rejoindre le Pole avec le traineau: l'été passé ils auraient pu le rejoindre à la nage. Et le procès ne s'arrête pas. L'an passé à l'appel manquaient presque quatre millions de kilomètres carrés de pack: les glaciers marins arctiques étaient passés de plus de huit millions de kilomètres carrés en 1950 à 4,3 millions en 2011.

Cette progression implacable a fait matérialiser devant nos yeux un dégât qui avait été placé par les prévisions des climatologues beaucoup plus en avant dans le temps, autour du 2050. En l'absence d'un radical changement de route, le scénario plus probable est le Pole Nord qui deviendra vite navigable avec régularité en été.

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésEn effet la guerre commerciale pour se diviser les richesses des lieux qui étaient inaccessibles jusqu'à hier est déjà en route. Sur l'Arctique on montre huit Pays (Canada, Etats Unis d'Amérique, Russie, Islande, Norvège, Finlande, Suède, Danemark), et ils sont tous prêts à proposer des raccourcis marins qui passent par le Pôle en écourtant les distances entre les continents. Une exploration déjà commencée par la Russie, qui a déployé des bateaux géants, de cent soixante tonnes. Mais même la Chine est décidée à entrer dans la partie et est en train de construire son premier bateau brise-glace pour les expéditions polaires, de façon à participer à la riche course aux gisements arctiques. Sous le pack il y a en effet du pétrole et le dégèlement risque de produire ce qui en termes scientifiques s'appelle un «feedback positif», c'est-à-dire un effet de multiplication du dommage: les combustibles fossiles ont causé le changement climatique, et en plus les conséquences du changement climatique permettent de trouver de nouveaux gisements de combustibles fossiles.

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésCette année, la multinationale hollandaise opérant dans les secteurs pétrolifères, de l'énergie et de la pétrochimie Shell veut entamer la course au pétrole polaire avec les premières perforations d'exploration dans l'Arctique. Entretemps des flottes de pêche intensive se déplacent vers les mers qui furent un temps impraticables, en menaçant la survie des communautés locales, qui depuis toujours ont pêché de manière soutenable.

Outre l'augmentation de la pression sur l'ambiance, l'occupation d'espaces pendant des millénaires non pollués portera à la concrète possibilité de voir répéter, sur échelle majeure, les désastres pétrolifères en milieux extrêmes qui ont marqué les dernières décennies: de l'incident de 1989 en Alaska (Exxon Valdez) à celui de 2010 à 1.500 mètres de profondeur dans le Golfe du Mexique (Deepwater Horizon).

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésUn scénario semblable, qui soit bien entendu avec des temps très différents, risque de se profiler même en Antarctide. Dans la forteresse de la sphère du froid, jusqu'à il y a quelques années, semblait prévaloir une situation de stabilité, mais même dans le plus glacial et lointain des continents, le changement climatique a laissé ses traces. Des études plus récentes ont démontré que les glaciers de l'Antarctide occidentale perdent de l'épaisseur, s'affinant même de plusieurs mètres l'an, et en dix ans ils ont doublé la vitesse d'écoulement vers la mer: si l'ensemble des glaces de l'Antarctide occidentale subissait un collapsus, il y aurait une augmentation de cinq, voire six mètres du niveau des mers.

Même au Pole Sud, donc, pourrait commencer la chasse aux trésors cachés. Le Traité Antarctique de 1991 a interdit toutes les extractions minières dans l'aire pour 50 ans, mais la pression des Pays plus voisins, du Chili à l'Argentine, ne se desserre pas. Jusqu'à présent les 14 millions de kilomètres carrés de glace du sixième continent ont été protégés surtout par les températures, qui arrivent à -89 degrés, par les tempêtes formidables et par les icebergs qui se détachent de façon continue. Mais les grandes réserves de pétrole et le méthane enterrés sous la glace maintiennent la pression haute.

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésPeut-on ralentir cette course à l'abus de combustibles fossiles qui déstabilise l'atmosphère et fait avancer la vague de chaleur? Les chroniques ne sont pas réconfortantes. Malgré la clarté de l'alarme lancé par les scientifiques, le robinet de la pollution atmosphérique ne se ferme pas, au contraire, la crise augmente. Dans les derniers vingt ans, sur nos têtes ont été accomplis des changements dramatiques: une altération progressive de l'équilibre des gaz serre qui règlent la température de la Terre, en évitant l'enfer vénusien et le gel de Mars. Les émissions d'anhydride carbonique (CO2), produites principalement par l'utilisation de combustibles fossiles et par la déforestation, en 1992 étaient de 22 milliards de tonnes et en 2010 sont arrivés à 33,4 milliards: 49% en plus, par rapport à vingt ans auparavant. Le résultat de cette augmentation de polluants est que la concentration d'anhydride carbonique dans l'atmosphère (280 parts par million au début de la révolution industrielle), qui en 1992 est arrivée à 357 parts par million, et en avril 2012 est monté à cote 396.

Penvironnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésour avoir un point de référence qui aide à lire ces chiffres, on peut penser que depuis quelques années on a développé un mouvement international appelé «350.org» qui a parmi ses exposants des noms éminents de la climatologie, à commencer par James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies de la Nasa.

Ce groupe d'opinion se bat pour faire retourner les émissions de CO2 sous le seuil des 350 parts par million, en considérant la concentration au-delà de laquelle on ne peut pas garantir la sécurité climatique, c'est-à-dire le maintien des conditions de l'atmosphère qui a permis le développement de la civilisation que nous connaissons. Rejoindre ces objectifs, ou même s'arrêter peu au dessus des quatre cents parts par million, semble difficile, si non impossible, vu que les particules de CO2 dans l'atmosphère continuent à croître au rythme de deux par an. Mais l'alternative est dramatique.

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualitésSelon l'Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), en l'absence d'un rapide halte aux émissions serre, les vagues de chaleur qui en 2003 ont fait 70.000 morts additionnels en Europe deviendront plus fréquentes; en 2050 les maxima de température seront au moins de trois degrés supérieurs aux maxima de température du siècle passé, et en 2110 de 5 degrés supérieurs; les aires arides et semiarides en Afrique s'étendront au moins de 5-8%; jusqu'à 80 % de la forêt tropicale humide amazonienne disparaitra; la taïga chinoise, la toundra sibérienne et la toundra canadienne seront sérieusement frappées.

Et le règne du froid a justement en réserve un dernier piège. Le permafrost, le sous-sol imprégné de neige glacée qui fait d'autocollant aux versants alpins et de base de soutien aux centrales nucléaires en Sibérie et aux grands pipe-lines russes, dans les aires arctiques, diminuera de 20-35% en 2050. Le réchauffement climatique menace ainsi de libérer une grande quantité de méthane, le très puissant gaz serre emprisonné dans le permafrost: un procès qui amorcerait un autre «feedback positif», une ultérieure accélération de la global warming.

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Approfondissement

environnement,nature,arctique,catastrophes naturelles,worldwatch institute,groenland,global warming,changement climatique,science,opinion,nasa,actualités«State of the World 2012: Moving Toward Sustainable Prosperity» par l’Worldwatch Institute une organisation de recherche environnementale aux États-Unis. C'est un institut indépendant fondé en 1974 par Lester Brown. Christopher Flavin en est le président depuis septembre 2000. L'institut édite chaque année un « état du monde » intitulé The State of the World. Les projets actuels incluent la Bill and Melinda Gates Foundation a financé, nourrissant la planète, une analyse comparative des innovations agriculture écologiquement durable pour réduire la pauvreté et la faim. État de l'Mondial 2011: Les innovations qui Nourrir la planète a été publié en Janvier 2011.

Ecrit par: Luis Batista


 
 

 

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