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mercredi, 10 octobre 2012

Parce que tu es éternellement Marilyn

hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane baker… et parce que toutes les autres ne le sont pas. Parce qu'avant les tabloïds, les reality shows en première soirée, avant qu'existe le terme «paparazzi», avant qu'il soit normal être filmé ou photographié toujours et de toute façon et partout, avant tout ceci, il y avait celle qui née sous le nom de Norma Jeane Baker mais qui est entrée dans nos rêves et passions avec le nom de Marilyn Monroe.


hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane bakerEntendons nous: elle n'était pas l'unique. La couverture pervasive (pour les journaux) et envahissante (pour les célébrités) des vies des célébrités n'est certainement pas un genre littéraire qui, à l'exception de Marilyn, soit resté inexploré jusqu'à la naissance des sites Internet dont les envoyés spéciaux avec des caméras poursuivent les personnages célèbres dans les rues. Il suffit de penser à Liz Taylor et Richard Burton, enfermés à la maison avec les paparazzis guettant sur le toit, ou assaillis dans la voiture par des photographes qui sautaient sur le toit de la voiture, pendant que Liz saluait royalement la foule de la main et celui qui se trouvait en voiture avec elle maudissait ces envahisseurs de son espace vital.

Mais Marilyn était différente. Entre temps, c'était une anticipation d'une certaine figure de la contemporanéité: la célébrité fragile et dans beaucoup de cas, soumise. Celle qui ne peut pas se plaindre parce que ce mécanisme là elle se l'est cherché, et cependant n'est pas vraiment en mesure de le soutenir. Elle en meurt, et en mourant elle l'alimente même plus qu'en tant que vivante. C'est le chat jeté en autoroute par la culture populaire, avec toute la morbosité, l'irrésistibilité, les faciles (et tant de fois faux) moralismes qu'elle comporte si l'on s'arrête à le regarder.

Et cependant même ceci ne suffirait pas à la rendre le mythe le plus résistant de millions d'individus dans le monde entier des derniers cinquante ans. Ils sont nombreux à être morts de jeunesse brûlée, - justement - de James Dean à Jim Morrison, sans dépasser les limites dans les décennies plus récentes. Eux aussi sont des posters impérissables (mourir lorsque l'on ressemble encore à son poster est un avantage, de ce point de vue: la fille blonde avec la jupe qui se soulève sur la grille de l'urbaine n'a pas eu l'impolitesse de vieillir, grossir, faire de film médiocre, de publicité embarrassante; c'est facile d'être Marilyn Monroe en tant que morte, le plus difficile est de rester vivante et être seulement une Brigitte Bardot).

hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane bakerLes autres aussi sont des posters, mais moins. Chaque jupe qui s'élève sur la grille n'est pas la sienne, chaque diamant qui est le meilleur ami d'une femme n'est pas le sien, chaque homme qui préfère les blondes mais qui épouse les brunes ou chaque mari qui est en vacance ne la rappelle pas. Lorsque l'on se demande si le souvenir d'Amy Winehouse ne disparaîtra pas rapidement, après tout elle avait fait seulement deux disques, on tend à négliger le fait que l'icône la plus résistante du dernier demi siècle est morte en ayant endossé une dizaine de film en protagoniste, et la moitié est superflue par rapport à sa notoriété globale.

Ceux qui pourraient se définir des «Monroistes» auront remarqué que j'ai énuméré des situations et des environnements qui proviennent de deux seuls titres, respectivement  «Lorsque la femme est en vacances» et «Les hommes préfèrent les blondes»: Si nous ajoutons «Quelqu'un l'aime chaud» et «Comment épouser un millionnaire», nous obtenons la formule pour laquelle, avec seulement quatre films, Monroe aurait de toute façon été Monroe. L'imaginaire collectif ne fonctionne pas du tout selon la quantité: tout le monde connait le visage de Vivien Leigh, même si la plupart ne savent pas citer son rôle à part celui de Scarlett O'Hara.

hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane bakerNous disions donc: qu'est-ce qui diversifie la blonde Marilyn des autres victimes de l'industrie des célébrités, et de sa fragilité désarmée? Qu'elle était ornée d'une beauté omniprésente. Toujours. Dans les moments où les autres ne le sont pas. Dans les cas où Amy Winehouse chancelait anorexique avec la ruche de cheveux défaits et le mascara coulé. Dans les cas où Britney Spears se rasait à zéro et mettait des coups de parapluie aux voitures des paparazzis. Dans les cas où Diana Spencer était suffisamment hystérique à tenter d'échapper aux photographes avec une course poursuite en automobile qui l'aura tuée. Dans des cas analogues à ceux-ci, Marilyn était de toute façon l'anneau de conjonction entre la vieille Hollywood en noir et blanc, celle que nous ne voyions pas photographiée par les paparazzis en survêtement au bar du quartier, et l'imagerie pop en couleurs, celle de la célébrité comme bien de consommation théorisée par ce type qui a créé d'elle le plus célèbre portrait, Andy Warhol.

C'était celle qui dans les années cinquante, lorsque la télé existait oui et non, était filmée par des équipes qui l'attendaient dans les couloirs de l'hôpital où elle avait à peine perdu l'enfant qu'elle attendait d'Arthur Miller, et c'était un type d'attention qui n'aurait pas été normal pendant plusieurs décennies encore, et qui avait tout les droits de ne pas avoir les moyens de la gérer, et cependant elle était tout de même lumineuse et coiffée comme dans les photos posées. Certes, probablement elle en est morte par la suite, du poids de ne pas avoir une vie qui ne soit pas celle, dans laquelle elle avait le devoir d'être son propre poster, mais elle en est morte sans se décoiffer. Elle pleurait mais sans que ne coule son maquillage, dans une ère où le mascara waterproof n'existait même pas.

hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane bakerProbablement c'est la raison pour laquelle nous haletons si l'on nous rappelle que quinze ans sont passés depuis la mort de Diana Spencer, dont l'imagerie nous semble vue et revue, dont la parabole nous a vite lassés après le coup émotif du cadavre chaud: elle était la copie de mille résumés, Diana. Une blonde fragile. Une icône malheureuse. Une beauté de couverture avec une enfance difficile derrière le sourire faux mais lumineux. Bien sur, c'était nécessaire: les revues et les télévisions il faut aussi les remplir avec quelque contemporanéité, les magazines ne vivent pas seulement de vintage, mais cela ne pouvait pas durer. Dans ce secteur là nous sommes déjà couverts. Jusqu'à ce que elle était vivante, nous étions en avantage, mais une fois morte, la place de blonde fragile est déjà occupé, désolés, ne pouvons pas nous intéresser à votre quinzaine, nous sommes affairés avec les cinquante ans de l'anniversaire de la mort de l'autre, que nous avons célébré seulement d'autres quarante-neuf fois.

hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane bakerEnsuite il y a la question de la patience. La nôtre. Celle qui, pour la dure vie des milliardaires célèbres, a un seuil beaucoup plus bas. Les plus intelligents exposants des cages dorées hollywoodiennes le savent: George Clooney répète souvent que peu de choses résultent plus insupportables au public que l'acteur qui se plaint de la sale vie qu'il fait, poursuivi par les photographes, entre avions privés et paysages de cartes postales. Dans ce siècle, dans cette ère de canaux thématiques 24 heures sur 24 et sites de potins à remplir dans un cycle de nouvelles plus voraces de ce que nous aurions pu imaginer il y a quelques années, dans ce temps, l'unique célébrité dérangée par les medias avec lesquels nous sommes disposés à faire preuve d'empathie est la célébrité déraillée. Mais voyante. Qu'on se rase à zéro ou que l'on se promène sans culotte. Qu'on se drogue, s'enivre, et qu'on en meure.

Que l'on fasse des bagarres et finisse en prison. Alors oui. Alors nous pouvons nous sentir supérieurs, nous dire que c'est peut être une popstar mais ne vois-tu pas comme elle est malheureuse, instable, inadéquate, trop maigre, trop grosse, n'arrivera pas au prochain disque.

hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane bakerEn alternative, elle ne doit pas se plaindre. Jamais. Nous ne la voulons pas douloureuse. Nous la voulons capable de maintenir une enviable politesse soumise à une forte tension. De savoir gérer avec grâce six enfants ou plus, d'être bien, même mal vêtue, d'avoir des chevilles jamais gonflées même en état de grossesse et des sourires jamais démontés même lorsque des équipes de paparazzi se lancent sur la progéniture plus célèbre et photographiquement vendable du monde. Nous voulons qu'elle ne dise pas plus d'une demi-phrase tous les deux ans sur le fait qu'au moins pour les enfants ils devraient employer des téléobjectifs, parce que cela va bien que cela fait partie du jeu mais ils s'effrayent, et nous voulons qu'elle le dise avec le sourire. Nous ne voulons pas qu'il ait des films d'agression aux paparazzis qui la poursuivent et comment l'on se permet de déranger sa vie privée. Nous voulons que, incroyablement, elle semble sereine et normale et surhumaine, et en somme, celle qui mérite le fait d'être la femme la plus célèbre du monde, dans un système dans lequel l'être est considéré non pas un désavantage mais une monnaie beaucoup plus courante.

hollywood,cinema,medias,personnages célèbres,paparazzis,célébrités,video,opinion,karma,marilyn monroe,norma jeane bakerTu ne peux pas être dolente et resplendissante, ça ne se fait plus, et pour cela il y a déjà Marilyn, congelée par la mort dans ce rôle dans lequel elle était parfaite. Si tu veux être dolente, sache que nous prétendrons de toi que tu sois d'abord défaite, et ensuite décédée. Si par contre tu as la manie de vouloir rester vivante, alors tu dois continuer à sembler un poster de couleurs vivantes et chaudes et non pas une victime. Être Angelina, imperturbablement sereine à chaque couverture récriminante de l'ex femme de ton mari. Être, en somme, une qui ne pourrait jamais avoir une crise de nerfs à la première Camilla qui lui pique le mari.

Ecrit par: Luis Batista


 
 

 

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