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mercredi, 31 octobre 2012

Par jeu et par passion, on joue à la Maison Blanche

politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsUn influent journal sportif sur Internet (Real Clear Sports) a récemment rédigé le classement des dix présidents américains moins athlétiques de tous les temps. Même s'il est très compliqué de comparer les qualités d'hommes différents nés à des époques différentes, l'effort des compilateurs est une des maintes preuves que le sport est l'adhésif fondamental de la plus puissante démocratie occidentale et de l'attention que les hommes d'État américains prêtent à leur propre image publique.


politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsDans l'imagination collective yankee, le sport est un moyen de propagande très particulier, rassurant et amical. Pour illustrer le concept, George W. Bush disait: «Je veux que les gens me voient assis dans les mêmes lieux dans lesquels il s'assoient, pendant que je mange les mêmes popcorn, que je mange et pisse dans les mêmes toilettes dans lesquels ils pissent». L'un de nous, en somme. L'imagerie sportive des présidents américains suit à la perfection la règle d'or de Bush, les images des chefs d'Etat aux prises avec les outils du métier sont faites pour transmettre un sens d'intime complicité de vestiaires, l'abolition des distances.

Golfeurs du dimanche, photo en noir et blanc d'anciennes gloires de compétition, la subliminale demande de confiance dans les gestes calmes et sûrs. Dans ce classement spécial et amusant, Bush occupe la dixième position; considéré un bon athlète depuis les années du collège (il étudiait et jouait à Yale) et un assidu coureur et cycliste, il paie cependant la funeste et inglorieuse expérience de cheerleader de son collège et nous payons cher le manque d'images de cette période, parce que voir le maladroit Bush jr aux prises avec des sautillements, mimiques et chœurs n'aurait pas prix.

politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsQue celui de Real Clear Sports soit un classement non partisan se déduit facilement de la neuvième place collée à Bill Clinton, l'un des présidents plus aimés et discutés. Dans son livre «Le premier de la classe», biographie de Bill Clinton, David Maraniss écrivit: «Tous les amis de Clinton connaissaient bien sa petitesse athlétique. Il avait commencé à courir l'été précédent mais il continuait à être hors forme. Pendant les années du collège il n'avait jamais pratiqué de sport à niveau de compétition. Même sa mère le définissait gauche et sans coordination». Un portrait sans gloire, complété par une anecdote autant inglorieuse: on dit que la plus grande dot de Clinton lorsque il jouait à touch football (la version moins sanglante du football américain, qui ne prévoit pas heurts et placages mais seulement la touche de l'adversaire) était la pédanterie avec laquelle il discutait si ce fameux toucher avait eu lieu ou non…

politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsÀ la septième place il y a le farouche Richard Nixon, le 37° président qui bien qu'il se fasse force d'une carrière dans le football universitaire, oubliait souvent de dimensionner les infinies heures dépensées en touche sans jamais voir le champ. À lui est indirectement liée une histoire curieuse: l'entraîneur d'une équipe professionnelle (les Washington Redskins) avait inventé un schéma très risqué, en lui donnant le nom de Nixon. En 1971, ce jeu, le Nixon's Play, coûta aux Redskins une des plus amères défaites de tous les temps, contre les San Francisco 49ers, digne couronnement d'une carrière sportive malheureuse même comme inspirateur.

À la sixième place il y a Lyndon Johnson, dommage que Johnson ne pratiquait aucun sport, n'en suivait aucun et disait des choses assez indécentes sur quelques uns de ses collègues plus athlétiques.

politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsUn exemple? Sur Gerald Ford il disait: «Il n'y a rien de faux en Jerry Ford, sauf le fait qu'il a joué trop au football sans le casque». Laissons à Johnson le jugement sur les conséquences, mais nous savons que Ford, avec ou sans casque, a été un vrai sportif et un athlète exceptionnel. En tant que bon garçon de province, Ford fut capitaine de son équipe à la Grand Rapids South High School et ensuite des Wolverines de l'Université du Michigan, qui guida à deux titres nationaux sans défaites en 1932 et 33. L'année suivante, en 1934, l'équipe vécut une saison horrible en gagnant une seule partie. Mais malgré les résultats négatifs, Ford resta un porte-drapeau et un exemple pour l'équipe et fut protagoniste d'une mémorable partie défensive contre les futurs champions du Minnesota.

politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsBeaucoup d'années plus tard, en tant que Président, il raconta combien cette expérience de résistance héroïque avait été fondamentale pour sa formation: «En 25 ans de travail dans le dur et combatif monde de la politique, il m'est souvent arrivé de repenser à ce qui était arrivé antérieurement, pendant et après cette partie de 1934. M'en souvenir m'a souvent aidé à dépasser des situations difficiles, à réagir et à faire chaque effort pour renverser des pronostics défavorables». Reste dans l'histoire aussi sa phénoménale prestation contre l'un des coureurs les plus forts de l'histoire du football universitaire, Jay Berwanger, que Ford mit à terre, l'unique futur président des Etats Unis à avoir abattu un gagnant du Heismen Trophy, comme aimait le répéter Ford lui-même. Il est amusant de penser qu'un des meilleurs athlètes de la Maison Blanche soit resté dans l'histoire pour ses ruineuses chutes pendant les cérémonies publiques et les rencontres diplomatiques, lui qui avait été un exemple de coordination et de vigueur: le pauvre Gerald Ford est passé à l'histoire comme clumsy, le maladroit.

politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsRetournons à notre classement des horreurs, les autres présidents en liste appartiennent à des instants lointains de nos souvenirs, mais il vaut la peine de citer le vainqueur du prix non voulu, le Président le moins athlétique de l'histoire américaine. Calvin Coolidge et son très mauvais rapport avec le golf sont dans la légende: le jeu devint populaire en Amérique dans les premiers vingt ans du Neuf cents et l'étiquette aurait voulu que le Président se comporte comme un vrai premier citadin, en tombant amoureux de la discipline et en la faisant sienne. Le fait est que Coolidge n'en était vraiment pas capable et ne s'amusait même pas. Au moment d'abandonner la Maison Blanche pour céder la place à Herbert Hoover, l'on raconte que Coolidge avait tout emmené, sauf ce maudit sac de golf, encore nouveau et presque jamais utilisé. Un autre président pénalisé par un physique peu prêtant mais plein de bonne volonté a été Harry S. Truman, qui voyait peu et mal et ces lunettes avec des verres épais le tinrent à distance de la pratique du sport et de l'académie de West Point autant que les difficultés familiales ne lui permirent pas de fréquenter le collège.

politique,actualité,démocratie,culture,états-unis d'amérique,présidents américains,barack obama,maison blanche,sport,loisirsParmi toutes, l'image plus belle et suggestive comme de tradition est celle des Kennedy en voilier. Elégants, impeccables, peut-être un peu trop pour obtenir le résultat ci-dessus, celui de sembler accessibles et semblables à leurs électeurs, des gens qui, pour le dire comme Bush, pissent dans les mêmes toilettes. Mais la photo est tellement belle et mérite de toute façon un espace, même s'il y a bien peu de sportif. Qui sait si elle a été prises du côté de Martha's Vineyard, où à distance de 40ans, même Obama cherche l'inspiration quand tout autour le vent tire très fort?

Ecrit par: Luis Batista


 
 

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