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mercredi, 09 juillet 2014

Bolivie : le pays où même à 10 ans les enfants pourront travailler

bolivie,travail juvénile,droits de l'homme,solidarité,politique,économie,amérique latine,videoA la Paz, la capitale de la Bolivie, le 2 juillet le Parlement national a approuvé à l'unanimité le nouveau Code des mineurs : les enfants de 10 ans pourront avoir un travail propre, ceux de 12 ans être des travailleurs dépendants. « Nous avons modifié le Code sur base de la réalité du pays », a déclaré Javier Zavaleta, vice-président de la Chambre des députés. L'âge minimum légal pour le travail reste 14 ans, mais des exceptions pourront être autorisées à condition que le travail n'interfère pas avec les études.


bolivie,travail juvénile,droits de l'homme,solidarité,politique,économie,amérique latine,videoL'Unatsbo - l'Union bolivienne du Nats, ou bien les syndicats de Niños, de Niñas y Adolescentes Trabajadores - éxulte, des enfants et des adolescents travailleurs. Ils revendiquent depuis des années le droit au travail sans limites d'âge. Après des mois de protestations, des grèves et quelques heurts avec la police, ils ont obtenu le premier succès.

La proposition de loi a trouvé l'opposition de l'Unicef et de l’ILO (International Labour Organization), qui justement en Bolivie mène l’IPEC (pour International Programme on the Elimination of Child Labour), un programme international pour l'élimination du travail juvénile. L'Unicef reconnaît aux mineurs le droit de décider sur leur propre vie quotidienne, en distinguant entre child labour – le travail qui porte à l'exploitation, à laquelle elle est absolument contraire – et child work, le travail qui n'entrave pas l'instruction et permet au mineur de participer à l'économie familiale.

bolivie,travail juvénile,droits de l'homme,solidarité,politique,économie,amérique latine,videoEn Bolivie vivent officiellement dix millions et demi de personnes, environ trois millions et demi ont moins de 18 ans. Selon l'Encuesta de trabajo infantil - une enquête menée par l’ILO en 2008, sur lequel on base les actes d'Unicef et du Gouvernement - en Bolivie 850.000 enfants et jeunes entre 5 et 17 ans sont impliqués activement en activités économiques. Ce sont en grande partie des indios qui vivent dans les zones rurales : ils travaillent dans les mines et dans les plantations de canne à sucre, les plus chanceux font les cireurs de chaussures ou les nettoyeurs de pierres tombales dans les cimetières.

L'État n'a jamais réussi à les tûteler et pour se défendre de l'exploitation et réclamer leurs droits, les jeunes travailleurs s'organisent dans des associations de Nats : qui sont nombreux dans tout l'Amérique du sud, où le travail juvénile est un mal diffus.

bolivie,travail juvénile,droits de l'homme,solidarité,politique,économie,amérique latine,videoEn Bolivie l'âge minimum est de 14 ans et va jusqu’à 18 ans pour une liste de métiers nuisibles comme le mineur, l'ouvrier du bâtiment ou le vendeur nocturne. Malgré cela, plus de 700.000 mineurs font des métiers présents dans la liste.

Le comportement du Gouvernement bolivien est ambigu : d’un côté les politiques pour combattre le travail juvénile avec des projets d'éducation, la santé et la sensibilisation ; de l'autre la sympathie du président Evo Morales, ex baby berger, élu en 2005 avec le Movimiento al Socialismo, ainsi que l’un des leaders de la transformation sud-américaine de la dernière décennie, caractérisée par la rébellion à l'orthodoxe économique du capitalisme anglo-saxon et du Fond monétaire international, vers le Nats.

Approfondissement

168 millions de travailleurs mineurs dans le monde

bolivie,travail juvénile,droits de l'homme,solidarité,politique,économie,amérique latine,videoDocument : « L’OIT en action Résultats de la coopération au développement 2012-2013 » ( file pdf en francaise ) Publié par ILO (International Labour Organization).

Avec le terme « travail juvénile » l’ILO entend ce travail qui prive les enfants « de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et qui préjuge leur développement physique et moral ». C’est le travail accompli sous l'âge prévu par la loi, comme établi par l’ILO en 1973 avec la « Convention 138 sur l'âge minimum » et en 1999 avec la « Convention 182 sur les pires formes de travail juvénile ».

Sur la base de cette définition, selon les estimations de l’ILO ajournées en 2012, dans le monde travaillent 168 millions de mineurs : 11% de la population juvénile mondiale. Plus de la moitié de ceux-ci, 85 millions, fait un travail dangereux. Le nombre global est diminué d’un tiers depuis 2000. La région du monde la plus frappée est l'Asie-Pacifique (avec presque 78 millions de travailleurs mineurs) suivie de l'Afrique subsaharienne (avec 59 millions). En Amérique Latine il y a 12,5 millions de travailleurs mineurs, chiffre supérieur à la population de la Belgique.

Document : « 371st Report of the Committee on Freedom of Association – Complaint against the Government of the Plurinational State of Bolivia » (file pdf en anglais ) Publié par ILO (International Labour Organization).

Document : « To Eradicate or to Legalize? Child Labor Debates and ILO Convention 182 in Bolivia » ( file pdf en anglais ) ecrit par Lorenza Fontana et Jean Grugel Publié par University of Sheffield.

Document : « Reglamento a la Ley 2026 Codigo Niño, Niña Y Adolescente » (file pdf en espagnol ) Publié par Gaceta Oficial del Estado Plurinacional de Bolivia.

Social network : « @UNICEFBolivia » (en anglais) Publié par Unicef Bolivia.

Ecrit par : Luis Batista

 

 

 

 

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Commentaires

Je vous approuve pour votre article. c'est un vrai boulot d'écriture. Continuez .

Écrit par : auto ecole paris 19 | dimanche, 20 juillet 2014

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